24 heures du Mans, bilan des LM GT2

IMSA Performance MATMUT

Porsche 997 GT3-RSR n°76 (Narac/Lietz/Long)
Qualifications : 1er temps
Course : Abandon aprés 1H47 de course
Meilleur tour en course : 4:02.717

 

 

L’analyse d’endurance-series : L’équipe IMSA Performance aura tout réussi lors de ces 24 Heures du Mans jusqu’à … la deuxième heure de course. Pole Position créditée du nouveau record du tour en GT2 et excellent début d’épreuve pour l’équipage victorieux l’an dernier. L’entrée du S d’Indianapolis et un contact avec la Porsche Flying Lizard en décidera autrement sur l’avenir de l’ « express76 ». Il n’y a que très peu de choses à dire sur le bilan des hommes de Raymond Narac, si ce n’est le sentiment d’être passé à coté d’un possible doublé 2007-2008. Avec une première moitié de championnat LMS plutôt difficile, il va falloir réagir dès la manche du Nürburgring afin éviter une saison vierge de toutes victoires internationales. Les Rouannais en ont la capacité !

 

Team Felbermayr-Proton

Porsche 997 GT3-RSR n°77 (Davison/Henzler/Felbermayr)
Qualifications : 2ème temps
Course : 5ème à 17 tours des vainqueurs
Meilleur tour en course : 4:00.709

L’analyse d’endurance-series : L’équipe Felbermayr était avant le départ de la course, l’équipe Porsche la moins attendue du plateau. Finalement, à l’arrivée dimanche, l’équipage Henzler/Davison/Felbermayr était le mieux placé des trios de Porschistes. Mieux, il a été le seul à opposer une résistance à la horde de Ferrari F430, en se disputant notamment la première place avec la F430 RISI jusqu’au 107ème tour. Un podium était même envisageable, avant d’une suspension défaillante relègue très loin les hommes en bleus. Pour un baptême du feu au Mans, l’équipe Allemande nous a surpris. Certes, la présence d’un pilote officiel Porsche a donné un coup de main non négligeable dans le réglage de la voiture, mais il faut reconnaître que sa préparation était sans faille. A l’image de la BMS Scuderia Italia, Felbermayr fait parti des révélations 2008.

AF Corse S.R.L

Ferrari F430 GT n°78 (Biagi/Vilander/Montanari)
Qualifications : 10ème temps
Course : Abandon aprés 7H47 de course
Meilleur tour en course : 4:04.091

L’analyse d’endurance-series : Les 24 Heures du Mans 2008 n’était pas, en catégorie GT2, une édition propice aux favoris (exception faite chez RISI Competitzione). L’écurie AF Corse en est le plus bel exemple. Sur le papier, les hommes de Piacenza avaient tout pour gagner. Un titre FIA GT2 acquis l’an dernier ainsi qu’un équipage composé de deux champions FIA 2007 devaient permettre à la Ferrari n°78 de jouer la gagne jusqu’au bout. A 23H00 le samedi, la messe était pourtant dite pour Vilander/Biagi/Montanari : transmission cassée. Un favori de plus se retrouvait au tapis. Avant cela, la course du trio italo-finlandais se déroulait à merveille, puisqu’à une heure de leur abandon, ils occupaient une solide troisième place à 1 tour de la Ferrari RISI n°82. Comme nous avons pu l’écrire pour les équipes IMSA, Flying Lizard et Virgo, ce bilan est particulièrement décevant pour l’AF Corse. Doit-on voir dans cet abandon un manque de préparation de la voiture ? Probablement, bien que pour une deuxième participation au Mans, l’équipe Italienne a montré de très belles dispositions. Sans tirer de conclusions trop hâtives, il y a de fortes chances de revoir cette voiture l’an prochain dans la Sarthe, tant l’écurie domine la catégorie en GT FIA. Avec plus de chance, mais également plus de préparation, Amato Ferrari honorera sans conteste son statut de favoris en 2009.

Flying Lizard Motorsport

Porsche 997 GT3-RSR n°80 (Neiman/Bergmeister/VanOverbeek)
Qualifications : 4ème temps
Course : 6ème position à 37 tours des vainqueurs
Meilleur tour en course : 3:59.887

L’analyse d’endurance-series : Le Flying Lizard Motorsport était l’équipe à battre cette année. Le cocktail présenté aux Jacobins était des plus ambitieux : une voiture parfaitement affutée, un soutien important de l’usine et un équipage rapide laissaient présager un excellent résultat au terme des 24 Heures de course. Finalement, c’est une immense déception qui sera au rendez-vous pour l’écurie Californienne. En qualification, Jorg Bergmeister avait, sans forcer, plaçé la 997 GT3-RSR n°80 à la quatrième place de la catégorie, privilégiant ainsi des réglages optimisés aux détriments de la performance absolue. En course, il n’aura fallu que deux petits tours au « grand » Jorg pour pointer en tête de la hiérarchie, situation qui basculera au terme des deux heures de course. Seth Neiman, alors au volant, allait s’accrocher avec la Porsche IMSA Performance à l’entrée du S d’Indianapolis, et ainsi endommager lourdement sa voiture. 1 Heure ½ après, la Porsche était de nouveau en piste, mais très loin derrière la Ferrari RISI alors en tête. En un instant, la course de l’un des grands favoris était réduite à néant. Comme si il fallait une preuve du potentiel de l’équipe et des pilotes, Jorg Bergmeister signera le meilleur temps au tour des GT2, descendant le chronomètre sous la barre des 4.00 minutes au tour. Anecdotique lorsque l’on imagine à coté de quoi les hommes de Seth Neiman sont passés cette année. Quoi qu’il en soit, merci à Jord Bergmeister pour le spectacle qu’il nous a offert sur la piste, jouant de jolies travers au volant d’une voiture qui visiblement n’a plus beaucoup de secrets pour lui.

RISI Competizione / Krohn Racing

Ferrari F430 GT n°82 (Melo/Salo/Bruni)
Qualifications : 6ème temps
Course : 1er ; 326 tours
Meilleur tour en course : 4:02.086

 

Ferrari F430 GT n°83 (Krohn/Van De Poele/Jonsson)
Qualifications : 11ème temps
Course : Abandon aprés 0H50 de course
Meilleur tour en course : 4:06.199

 

L’analyse d’endurance-series : Impériale ! Voilà le mot qui nous vient à l’esprit au moment d’évoquer la course de la Ferrari n°82. Le spectaculaire équipage Melo/Salo/Bruni a été ni plus ni moins que le plus constant et le plus propre de la catégorie GT2. Une fois les Porsche Flying Lizard et IMZA Performance dégagées des avants postes, plus personne ne pouvait arrêter la marche victorieuse de la F430 GT Italo-américaine. Mika Salo et Jaime Melo ont prouvé une fois de plus qu’ils étaient parmi les meilleurs pilotes GT au monde, et Gianmaria Bruni a quant à lui franchi un cap sur la scène internationale de l’endurance. Mis à part une légère résistance de la part de la Porsche Felbermayr et de la Ferrari Virgo, il est vrai qu’il n’y a eu que très peu de bagarre en tète de la catégorie. N’entachant en rien la remarquable performance des hommes de Giuseppe Risi, cette longue marche solitaire n’était pas forcement des plus évidentes. Il fallait garder la voiture sur la piste, tout en conservant un rythme suffisamment soutenu.

Du coté de la voiture sœur, engagée sous la bannière du Krohn Racing, les choses se sont passées beaucoup moins bien. Très loin des meilleurs en performances pures, la n°83 n’a pas profité longtemps de sa présence en course, en devenant après seulement 50 minutes d'épreuve, le premier abandon officialisé. Déception donc pour Eric Van De Poele qui pour son 10ème anniversaire dans la Sarthe, n’aura même pas pris le volant de la Ferrari. Cette année pour le RISI Competizione, ce fut deux poids deux mesures, avec une flamboyante victoire de catégorie pour la 82 et un précoce abandon pour la 83. Souvenez vous en 2007, la situation était totalement inverse…

 

Snoras Spyker Squadron / Speedy Racing

Spyker C8 Laviolette GT2-R n°85 (Dumbreck/Kelleners/Vasiliev)
Qualifications : 9ème temps
Course : Abandon aprés 3H02 de course
Meilleur tour en course : 4:07.225

 

Spyker C8 Laviolette GT2-R n°94 (Chiesa/Leuenberger/Alexander David)
Qualifications : 12ème temps
Course : Abandon aprés 5H36 de course
Meilleur tour en course : 4:07.980

 

L’analyse d’endurance-series : Rien ne va plus au sein du Spyker Squadron. Comme en 2007, les deux voitures, officielle et Suisse, n’auront pas vu l’arrivée des 24 Heures du Mans. Sur le papier, la situation semblait pourtant s’être un peu améliorée, par rapport à la précédente édition, puisque « seulement » cinq secondes séparaient la meilleure des GT Bataves de la pole position de catégorie. En fiabilité par contre, les problèmes restent inexorablement les mêmes. Comment une structure aussi professionnelle que l’usine Spyker arrive t’elle à déployer les moyens nécessaires pour faire rouler deux monoplaces en Championnat du Monde de Formule1, sans pour autant réussir à fiabiliser une GT2 au potentiel bien présent ? Cette question reste toujours en suspens tant les défauts de fragilité du moteur Audi paraissent inrésolvables.

Ce bilan 2008 est donc forcement décevant, puisque les Spyker Laviolette restent les seules voitures « exotiques » susceptibles de chatouiller les habituelles Porsche et Ferrari. Malheureusement, cette notion de diversité parait désuète face à l’étendue du travail restant à fournir.

 

Farnbacher Racing

Ferrari F430 GT n°90 (Kaffer/Erhet/Nielsen)
Qualifications : 5ème temps
Course : 3ème à 9 tours des vainqueurs
Meilleur tour en course : 4:03.381

 

 

L’analyse d’endurance-series : Le Farnbacher Racing contribue de bien belle manière à l’incroyable quadruplé de Ferrari en catégorie GT2. On peut reprocher à l’équipage Kaffer/Erhet/Nielsen d’avoir adopté un rythme très (trop ?) sage en course, mais la chose à faire cette année était de voir l’arrivée pour décrocher un bon résultat. Les trois pilotes l’ont très vite compris, et mis à part quelques excursions dans les bacs à graviers, le tableau de marche de la n°90 a été plutôt serein. La régularité a payé pour l’équipe Allemande, qui partait cependant dans l’inconnue cette année, en engagement une voiture qu’ils ne connaissaient pas autant que les Porsche. Belles récompenses également pour Lars Erik Nielsen et Pierre Erhet qui montent, pour la troisième fois consécutive, sur le podium des 24 Heures du Mans.

Virgo Motorsport

Ferrari F430 GT n°96 (Bell/Sudgen/Mullen)
Qualifications : 3ème temps
Course : Abandon aprés 21H23 de course
Meilleur tour en course : 4:01.449

 

 

L’analyse d’endurance-series : Le Virgo Motorsport a été cette année l’une des équipes les plus performantes en GT2. En signant le troisième temps des essais, se plaçant ainsi comme la plus rapide des Ferrari, l’équipage Sudgen/Bell/Mullen avait tout pour viser un légitime podium. Il n’en sera rien puisque le V8 3.9L de la F430 aura raison des efforts et du potentiel de nos amis britanniques. Grosse déception donc, puisqu’ils faisaient parti des favoris, au même  titre que Flying Lizard, IMSA, Risi et AF Corse. Dans l’affaire seul l’importateur officiel Ferrari s’en sortira, qui plus est à la première place. Dominateur depuis deux ans en Le Mans Series, nous attendions bien évidement le Virgo Motorsport bien placé à l’arrivée. A l’heure de son abandon, la berlinette jaune et blanche n’était qu’à un petit tour de la dominatrice Ferrari RISI. Le podium n’était donc pas loin. Quoi qu’il en soit, cette année de découverte confirme le niveau de performance des Anglais.

BMS Scuderia Italia

Ferrari F430 GT n°97 (Malucelli/Babini/Ruberti)
Qualifications : 7ème temps
Course : 2ème à 8 tours des vainqueurs
Meilleur tour en course : 4:02.776

L’analyse d’endurance-series : La BMS Scuderia Italia réalise sa plus belle prestation au Mans, depuis ses débuts en 1997 avec une Porsche 911 GT1. Grâce à un équipage sérieux et homogène, et une stratégie de course conservatrice mais payante, Giuseppe Lucchini peut être fier de cette deuxième place de catégorie, symbole de son plus beau résultat dans la Sarthe. Qualifié en milieu de tableau, le trio Malucelli/Ruberti/Babini a cependant connu une première frayeur avant même le départ de la course. Une fixation de roue défaillante a en effet obligé la Ferrari n°97 a partir depuis la voie des stands. Mis à part ce « léger » contre temps, et quelques ennuis mécaniques classiques (paddle shift et plaquettes de freins), le tableau de marche de notre équipage transalpin a été scrupuleusement respecté. A l’image du JMB Racing, la Scuderia Italia a su être opportuniste et combattante et ainsi décrocher la seconde marche du podium tout à fait méritée. Les 24 Heures du Mans 2008 étaient piégeuses, l’expérience de la structure Lombarde a probablement fait la différence. En outre, mention spéciale à la décoration de la voiture, qui en partenariat officiel avec Pirelli, a présenté une superbe robe sang et or.
Coup de coeur de la rédaction, Catégorie GT2

 

JMB Racing

Ferrari F430 GT n°99 (Aucott/Ferté/Daoudi)
Qualifications : 8ème temps
Course : 4ème à 14 tours des vainqueurs
Meilleur tour en course : 4:04.738

L’analyse d’endurance-series : Après un encourageant début de saison en Le Mans Series, nous attendions naturellement le JMB Racing et sa F430 GT à un poste d’outsider sur la piste Mancelle. A l’arrivée, le résultat est bien là, malgré une semaine de 24 Heures particulièrement éprouvante pour les troupes Monégasques. Qualifié en milieu de tableau lors de la séance qualificative du Mercredi, le trio Ferté/Daoudi/Aucott espérait monter d’un cran dans la hiérarchie le jeudi soir, mais une violente sortie de piste du pilote Britannique empêchera Stéphane Daoudi d’améliorer son chrono de la veille. Plus grave qu’une « mauvaise » place sur la grille de départ, la Ferrari n°99 était partiellement détruite après le crash. Commençait alors une course contre la montre pour le staff du JMB Racing, afin de remettre en état la voiture pour le warm-up. Une fois cette dernière en épis le samedi à 13 heures, nous pouvions déjà parler de victoire pour Jean-Michel Bouresche, tant la tâche semblait compliquée. En course, un problème de boite de vitesse stoppera un moment la course régulière de la 99 qui, malgré une longue intervention à son stand, franchira l’arrivée à une inespérée 4ème place de catégorie. Certes les GT2 ont été plutôt anéantis cette année, mais il fallait être opportuniste jusqu’au bout. Le JMB Racing a fait preuve d’un incroyable esprit d’équipe pour sa neuvième participation aux 24 Heures. Chapeau !

 

Pierre-Yves RIOM // Photos PY RIOM