Sports 3,5L : 4ème partie

Voilà la suite de notre dossier sur les Sport-Prototypes 3,5L, avec l’édition 1992 des 24 Heures du Mans qui fut l’une des éditions les plus noires de la classique Sarthoise...

 

MERCEDES ET JAGUAR PARTENT, TOYOTA ET LOLA ARRIVENT...

 

Fin 1991, Jaguar et Téo Fabi sont Champions du Mondes WSC. Jaguar compte 108 points contre 79 points au nouvel arrivé Peugeot qui devance à la surprise générale le double champion du monde Sauber-Mercedes de 9 points. Si la Jaguar XJR14 a connu un superbe début de saison, la fin sera plus difficile avec une seule victoire après Le Mans. Mercedes remporte la dernière manche aux mains d'un certain... Michaël Schumacher, tandis que la toute nouvelle Peugeot 905 Evo 1 Bis permit à Peugeot de remporter deux victoires. Beaucoup de changements ont lieu durant l’intersaison…

 

Pour l'édition 1992, voici les principaux acteurs et favoris du Championnat du Monde des Sport-Prototypes catégorie Sport 3,5L

 

Jaguar se retire définitivement après sont titre de Champion du Monde. Le moteur rotatif n’étant plus admis, Mazda rachète les XJR14. Peugeot compte sur sa très rapide et toute nouvelle Evo 1 Bis, et Mercedes qui avait produit trois nouvelles C292 se retire au dernier moment. Déçu du manque d’engagement de la FISA pour le championnat WSC, Mercedes préfèrera se tourner vers la Formule 1. Heureusement, l’usine Toyota se lance dans le bain avec sa toute nouvelle TS010 et Lola également en vendant ses nouvelles T92/10.

 

Aprés le départ de Sauber et Jaguar, c'est Toyota, Mazda et Lola qui devront affronter les déjà redoutables Peugeot 905 Evo1 Bis

 

Sans les Groupe C (sauf au Mans ou en IMSA-JSPC) le plateau s’élève donc à 15 voitures seulement en moyenne par épreuve du championnat du monde. Les Sport 3.5L sont beaucoup plus chères à entretenir et à exploiter que les Groupe C et par conséquence, les privés hésitent beaucoup à faire le grand saut. Les projets seront nombreux, mais les réalisations beaucoup moins. Beaucoup de beaux projets sont avortés ; notamment March et Alfa Roméo qui avait produit un tout nouveau prototype pour son retour en endurance, retour qui se fera finalement en compétition de berlines de Super-Tourisme.

LE CHAMPIONNAT DU MONDE
EST SAUVE

 

Peugeot et Jean Todt veulent tout faire pour sauver le Championnat du Monde. Pour que le championnat puisse continuer en 1992, la FISA exige des trois constructeurs encore présents, Mazda, Peugeot et Toyota, d’auto- financer son organisation. Les trois constructeurs se sont donc engagés à assurer la promotion des épreuves, mais le plateau est de plus en plus maigre. Outre les voitures de catégorie « Sport » (moteur 3.5L, suralimentation interdite), la FISA accepte celles de la Coupe FIA, crée en catastrophe, pour les petites écuries qui ne désirent pas quitter l’Europe. Ces voitures sont d’engagement privé et limitées à 8 cylindres. Elles ne seront présentes qu’à de très rares occasions: il s’agit de Spice SE89, Gebhardt C91 et Argo JM19.

 

Peugeot et Toyota engagent 2 voitures sur l’ensemble de la saison contre une seule pour Mazda. Le format des courses repasse à 500km et 1000km à Suzuka. Le championnat débute à Monza, où 11 voitures seulement sont inscrites! Alors que Toyota est rapidement au niveau de Peugeot, les quatre voitures se tiennent en 7 dixièmes, derrière c’est le gouffre. Après l’abandon d’une 905 et d’une TS010, la victoire paraissait promise à Yannick Dalmas mais celui-ci, à quelques encablures de l’arrivée, pare en travers à l’approche de la Variante Ascari, part en tonneau dans le bac à graviers et se pose sur le toit. Tout cela devant la caméra de la télé... La Toyota de Geoff Lees/Hitoshi Ogawa passe en tête et cueille la victoire pour la première sortie officielle du nouveau Proto Japonais. Seules deux voitures franchissent la ligne d'arrivée dont une non classée.

 

Aux 500km de Silverstone, Warwick et Dalmas offrent à la 905 une victoire devant la Mazda MXR01 à 2 tours tandis que les Toyota ne voient pas l’arrivée. Encore une fois, la Lola T92/10 est plus rapide que la Mazda, mais pas encore assez fiable. Seules quatre voitures sont classées.

Aussi bien la Gebhart que la Spice SE89C "Chamberlain" ...

... sont équipées d'un Ford Cosworth V8 DFR de 3,5 Litres


A Silverstone, les "Toy" semblent encore bien trop jeunes !

 

PRESENTATION AVANT LE MANS

 

Pour Le Mans, les équipes d’usines ont bien compris que les voitures participants au Championnat du Monde sur des courses ne faisant que 500 kilomètres ne pouvaient pas être efficaces sur une course aussi spécifique de 5000km, c’est pourquoi des versions spéciales le Mans furent crées.

Au total, on se retrouve avec 4 catégories au Mans :

 

Catégorie C1 : Atmosphérique Sport 3,5L et FIA Cup - 12 cylindres maximum - Minimum 750 kg - pas de limite de consommation



Catégorie C2 / C3 : ex-Groupe C - Limitation de la consommation à 2140 litres maximum - Lesté à minimum 900 kg - Moteurs libres



Catégorie C4/Catégorie Spyder Cup : Moteur Turbo - Equivalence atmosphérique (incluse) = cylindrée recalculée (x1.4).

Malheureusement, la finale mondiale de l’endurance ne sera pas celle escomptée. Les redoutables Nissan R92CP, Nissan R91CP et NPT91 vainqueurs aux 24 Heures de Daytona et des premières courses du JSPC japonais ne seront pas présentes. Tout comme les superbes et très rapides Eagle Mk III Toyota et Porsche 962 Jöest du championnat IMSA. Ces voitures sont trop handicapées par les règles européennes, car elles ne sont pas des Sport 3.5L. A coté des voitures engagées dans le Championnat du Monde, une toute nouvelle BRM et une ancienne Tiga C289 combleront le plateau de la Catégorie 1 avec une seconde Mazda MXR01 et des troisièmes Toyota TS010 et Peugeot 905.

 

 

Mazda, débarque dans la Sarthe avec une 2ème MXR01 confiée à Sala/Yorino/Terada et à la configuration aérodynamique particulièrement audacieuse !

Pour augmenter le nombre de participants, les 24 Heures du Mans autorisent des monoplaces du Peugeot 905 Spider Cup qui seront accompagnées des vieilles Groupe C européennes bien défavorisées en poids comme en limite de consommation et qui ne participent plus aux compétitions.

 

Yves Courage engage des C28LM, Kremer et d’autres écuries privées des Porsche 962CK6, et Toyota engage les toujours redoutables 92CV par l’intermédiaire de ses structures semi-usines Sard et Trust. Ces voitures occupent de belles places en JSPC et sont là pour parer aux éventuelles défaillances des nouvelles TS010.

 

Entre des Sport3.5L hyper- sophistiquées et à la fiabilité jamais éprouvée sur une course de 24 heures et des vieilles Groupe C pénalisées, il est difficile de déterminer tout comme en 1991, des prétendants à la victoire. On peut cependant estimer qu’avec l’avènement des versions «endurance» les Sport3.5L devraient tirer leur épingle du jeu avec notamment un match France (Peugeot) - Japon (Toyota et Mazda).

LISTE DES ENGAGES AUX 24 HEURES DU MANS 1992

   Voiture

Concurrent

Pilotes

Peugeot 905

 Peugeot Talbot Sport

Dalmas, Blundell, Warwick

 

2

Peugeot 905

 Peugeot Talbot Sport

Jabouille, Alliot, Baldi

 

Lola T92/10

 Euro Racing

Zwolsman, Euser, Pareja

 

Lola T92/10

 Euro Racing

Frentzen, Matsuda, Kasuya

 

Mazda MX R 01

 Mazdaspeed

Gachot, Weidler, Herbert

 

Mazda MX R 01

 Mazdaspeed

Sandro Sala, Terada, Yorino

 

Toyota TS O10

 Toyota Team Tom s

Katayama, Lees, Brabham

 

Toyota TS O10

 Toyota Team Tom s

Lammers, Wallace, Fabi

 

BRM P 351

 British Racing Motors

Jones, Taylor, Toivonen

 

21 

Spice SE 90 C

 Bernard de Dryver Act...

Taverna, Gini, Sheldon

 

22 

Spice SE 89 C

 Chamberlain Engineering

De Lesseps, Iacobelli, Piper

 

29 

Tiga C 289

 Team SCI

Sebastiani, Randaccio, Veninata

 

30 

Spice SE 90 C

 Team TDR

Hodgetts, Migault, Lecerf

 

31 

Peugeot 905

 Peugeot Talbot Sport

Ferté, Van de Poele, Wendlinger

 

33 

Toyota TS O10

 Toyota Team Tom s

Sekiya, Acheson, Raphanel

 

34 

Toyota 92 CV

 Kitz Racing - Sard

Ratzenberger, Irvine, Elgh

 

35 

Toyota 92 CV

 Trust Racing Team

Fouche, Johansson, Andskar

 

36 

Spice SE 88 C

 Chamberlain Engineering

Shimamura, Harada, Yoshikawa

 

51 

Porsche 962 CK 6

 Porsche Kremer Racing

Nielsen, Reuter, Lavaggi

 

52 

Porsche 962 CK 6

 Porsche Kremer Racing

Donovan, Coppelli, Rickett

 

53 

Porsche 962 GTi

 ADA Engineering

Bell, Needell, Bell

 

54 

Cougar C28 LM

 Courage Competition

Ricci, Wollek, Pescarolo

 

55 

Cougar C28 LM

 Courage Compétition

Robert, Fabre, Brand

 

56 

Cougar C28 LM

 Courage Competition

Yvon, Morin, Saldana

 

58 

Peugeot 905 Spider

 Welter Racing

Gonin, Petit, Artzet

 

60 

ALD C 290

 Marc Pachot

Touroul, Pachot, Caradec

 

61 

Debora

 Didier Bonnet Racing

Bonnet, Heuclin, Tremblay

 

66 

Peugeot 905 Spider

 Eric Bellefroid

Alexander, Breuer, De Vita

 

67 

Porsche 962 C

 Obermaier Primagaz

Yver, Altenbach, Laessig

 

68 

Porsche 962 C

 Ecurie Almeras Frères

Almeras, Cohen Olivar, Almeras

 

 

Eric ROLLING // Photos Jeremy JACKSON et Pascal GRANDJEAN

Remerciement à http://www.racingsportscars.com/ pour sa contribution à ce dossier.