Les essais qualificatifs 10-11 Juin 1987
1ère soirée

Alors que les voitures remontent petit à petit la voie des stands, afin se placer en épi au pied des balcons de ravitaillements, il est important de signaler que certains clients Porsche utiliseront un moteur de qualif pour cette séance du mercredi.  Chez Joest, la voiture de Sarel van der Merwe est équipée d’un nouveau bloc 3.2L alors que les équipes Brun et Lloyd mettent à disposition d’Oscar Larrauri et Jonathan Palmer un moteur 3.0L. Les trois 962 C officielles sont elles équipées du nouveau moteur à refroidissement par eau, et les ingénieurs allemand préparent les turbos à une pression de service bien plus importante qu’à l’accoutumé. Dans cette configuration, les Jaguar ne suivent pas la cadence des Porsche et la lutte pour la pole position ne se fait qu’entre Stuck et Wollek. Malgré un récurent problème de pompage des trains avants et arrières, les deux 962 n°17 et 18 sécurisent la première ligne de la grille départ, en plaçant les trois Jaguar usines à plus de trois secondes. La situation, qui semble être contrôlée par le Team Rothmans va se dégrader très nettement aux cours de cette premières journée d’essais officiels.

 

Price Cobb, alors au volant de la 962 C n°19, va sortir violement de la piste dans la nouvelle portion du circuit et détruire sa voiture qui prendra feux dans le choc. Très touchée, l’auto ne sera pas réparée pour la course et sera déclarée forfaite. Durant l’interruption au drapeau rouge, deux pilotes se rendent sur les lieux du crash, à savoir Eddie Cheever et Hans Stuck. La polémique concernant les rails de sécurités du circuit manceaux revient donc à l’ordre du jour puisque ces derniers diront : « Nous sommes des idiots de venir courir ici, les rails n’ont pas résisté au choc mais il est désormais trop tard pour nous retirer ». La très belle surprise de cette première séance qualificative va venir de Johnny Dumfries, qui intercale sa Kouros-Mercedes, sur une piste humide, entre les Porsche et Jaguar d’usine. La voiture sœur elle, bien qu’aussi performante, cassera son moteur dans la soirée. Le comportement des voitures de Peter Sauber semble être très bon cette année, mais leur vitesse de pointe est elle en net retrait, surtout face à la plus rapide des voitures chronométrées : la Porsche 962 C Joest n°7 qui sera shooté à 369 km/h dans la ligne droite des Hunaudières.

 

 

 

 

 

Les Nissan sont en nets progrès depuis la saison passée. Les nouveaux modèles R87E tournent cinq secondes plus vite que lors de la dernière édition, mais cependant elles sont toutes les deux battues par les Toyota 87C officielles. Alan Jones réalise un excellent 3.39.18 mais reste quelque peu déçu du temps réalisé : « Il nous manque quelques centimètres-cubes de cylindrée pour aller plus vite. De plus, la voiture qui est en configuration pour le Mont-Fuji a trop d’appui. La vitesse de pointe nous fait pour le moment défaut » déclarait le Championnat du Monde de F1 sept ans plus tôt. Lors de cette première soirée d’essais qualificatifs, certains concurrents furent en proie à certaines difficultés. La nouvelle WM-Peugeot P87 a connu plusieurs alertes avec son injection, et Fermín Velez, surprit par la pluie au volant de la Spice SE86C usine, est sorti de la piste. De même que Sarel Van Der Merwe, sur la Porsche 962C Joest n°7, bloqué dans le bac à graviers de la chicane Dunlop. Pour le moment et mis à part sa petite sortie, la Porsche "Taka-Q" n°7 ne se montre pas aussi rapide qu'elle aurait dû l'être.

 

Les essais qualificatifs 10-11 Juin 1987
2ème soirée

Jeudi, il est très clair que la première ligne de la grille de départ n’allait pas changer. Une grande majorité des écuries a monté les moteurs de course dans les châssis et suite au crash de la 962C Rothmans n°19, l’équipage de cette dernière est redistribué. Vern Schuppan rejoint Wollek et Mass sur la n°18 (ce qui ne réjouit d'ailleur pas le pilote tricolores), Günter Steckkönig quite l’équipage de la 961 et laisse sa place à Kees Nierop. Enfin, Price Cobb est « transféré » dans le baquet de la Porsche du Richard Lloyd Racing aux cotés de Jonathan Palmer et James Weaver. Les équipages TWR Jaguar, probablement vexés par la démonstration de force des Porsche la veille, monopolisent les trois premières places de la feuille des temps. Malgré ce superbe coup d’éclat, les temps de mercredi ne seront pas battus et la première ligne restera, sans surprise, 100% Porsche AG. Il est intéressant aussi de noter le très bon temps réalisé par Pierre Henri Raphanel, au volant de la Cougar-Porsche C20, qui par la même occasion bat celui de Johnny Dumfries. De troisième mercredi soir, la Kouros-Mercedes C9 n°62 se retrouve désormais 7ème au départ. Le seul incident à déplorer est celui rencontré par la Porsche Kremer de Fouché/Konrad/Taylor immobilisée dans les Hunaudières à la suite d’une crevaison.

 

Du coté du « défi » WM, la déception est au rendez-vous puisque les 400km/h tant espérés ne sont finalement pas atteints. Le prototype français n’a été flashé « qu’à » 381km/h dans la ligne droite, vitesse déjà atteinte par la Porsche 917LH de Jackie Oliver en 1971. Pour finir, la Tiga-Volvo ne réussira pas à faire le temps minimum imparti pour prétendre au départ de la course, à savoir 4.22.85. Elle ne sera donc pas présente sur la grille samedi à 16 heures.  

 

 

24 Heures du Mans 1987
La grille de départ complête

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Pierre-Yves RIOM / Photographies Jean-François RIOM