Les lundis de l'Histoire … des plus rapides

 

Après les plus malheureux, au tour des pilotes les plus rapides.

Concernant les pôles positions, le recordman aux 24 Heures du Mans est Jacky Ickx avec cinq unités : 1975,1978 et de 1981 à 1983, soit la pôle position trois années de suite, un autre record. Bob Wollek en a réalisées trois, mais aucune victoire au Mans malgré 30 participations, 4 fois 2ème , 2 fois 3ème, et 4 victoires de catégorie.

Dernièrement, c’est Rinaldo Capello avec 3 pôles qui s’illustre. Tom Kristensen, le sextuple vainqueur n’aura réalisé qu’une fois le meilleur temps en qualification, en 2003 sur la Bentley EXP Speed8. Une seule pour Henri Pescarolo, également en 4 victoires et 33 participations. Egalement aucune pôle pour Yannick Dalmas en 4 victoires.

D’un autre coté, Yojiro Terada n’est jamais parti premier le samedi, et cela malgré 28 années de présence dans la Sarthe.

Deux grands "rapides" des 24 Heures du Mans, mais pour ...

Wollek, le compteur de victoire restera à jamais bloqué à 0 !

En ce qui concerne le record du tour en course, c’est Jacky Ickx et Mike Hawthorn les recordmans avec 4 records. Hawthorn a quant à lui réalisé l’exploit de faire le record du tour, en course, quatre années consécutives de 1955 à 1958, il sera d’ailleurs vainqueur en 1955. Aucun record du tour, ni pour Pescarolo ni Dalmas, comme quoi la rapidité ne paye pas toujours aux 24 Heures du Mans.

Voilà deux grands pilotes : tous les deux ont roulé sur les voitures du "commendatore" en Championnat du Monde de F1, et tous les deux ont marqué l'histoire des 24 Heures du Mans. Deux grands champions, deux époques, mais deux records ...

Puisque nous évoquions Jacky Ickx comme étant le pilote le plus souvent « rapide » au Mans, intéressons nous à l’édition 1977 des 24 Heures. Année d’un duel au sommet entre la régie Renault et la firme Porsche…

Jacky Ickx considère que « LeMans » 77 est la plus belle course de sa longue et glorieuse carrière c’est tout dire. La lutte devait être de toute beauté entre Porsche et Renault. L’usine allemande alignant 3 voitures (une 935 et deux 936) et la régie française quatre Alpine A442. Sans oublier les MIRAGE-Renault GR8 officielles et les nombreuses Porsche 935 privées. En plus de tous les pilotes de Formule1 présent au départ, Porsche avait constitué l’équipage vedette cette année là : Ickx/Pescarolo, 6 victoires à eux deux.

A l’issue des deux séances qualificatives, deux Renault occupent la première ligne de la grille de départ, à savoir la n°9 de Jabouille/Bell devant la n°8 de Depailler/Lafitte. Derrière s’intercale la Porsche 936 n°3 de Ickx/Pescarolo devant les deux autres Renault la n°7 de Tambay/Jaussaud suivie de la n°18 du trio Arnoux/Pironi/Frequelin

Au départ, Jabouille part en tête suivi par la 935 « usine » de Stommelen. Dès le premier tour, Arnoux/Pironi/Frequelin abandonnent entre Mulsanne et le « S » d’Indianapolis, suite à l’incendie de leur A442 : espoirs déçus. Après les premiers ravitaillements, Ickx se place 2ème en essayant de préserver sa 936. Après 1h30 de course, la 2ème Porsche 936 de Barth/Haywood perd plus de 30 minutes dans les stands pour un changement de pompe d’injection. Puis, c’est au tour de Pescarolo, qui abandonne après trois heures de course suite à une rupture de bielle. Enfin la 935 officielle de Stommelen/Shurti, 1 heure plus tard, subit le même sort. Après quatre heures de course le bilan est désastreux pour les équipes officielles de pointe : Chez Porsche deux autos ont abandonné et la troisième a perdu énormément de temps aux stands tandis que chez Renault, une Alpine manque à l’appel.


Jacky Ickx, comme le règlement le permet, va échanger de monture et prendre le volant de la 2ème Porsche 936 retardée. Il occupe alors la 41ème position au moment de monter dans le baquet de la Gr6 « Martini ». Il enchaînera les relais, tournant à un rythme effréné, jusqu’à battre le record du tour détenu par François Cevert depuis 1973. Le spectacle est incroyable, la 936 à la limite remonte, malgré la pluie, en seconde position au lever du jour. Les Alpine-Renault abandonnent les unes après les autres notamment celle de Jabouille/Bell ce qui offre la 1ère place à l’équipage Barth/Haywood/Ickx, à 9h le dimanche matin. Quelques minutes avant midi, l’A442 de Depailler/Laffitte qui suivait la Porsche de tête, abandonne à Indianapolis, moteur cassé. Après avoir pris le volant vers 20 heures et conduit pendant presque 13 heures, Ickx se retrouvait donc en tête avec 17 tours d’avance sur la Mirage-Renault n°10 de l’équipage  Schuppan/Jarier. Mais tout n’était pas fini ! A 15h10 soit 50 minutes avant la fin de l’épreuve, Haywood rentre au stand, la 936 n°3 est touchée à son cœur même. Problème de pistons sur le Flat6 Turbo. La tension est extrême, Barth reprend finalement la course à 15h40 en bouclant deux tours au ralenti. C’est suffisant, la Porsche 936 n°3 du Martini Racing Team remporte donc son deuxième succès d’affilée aux mains de J.Barth, H.Haywood et d’un invité de luxe: J.Ickx. Derrière suivent la Mirage-Renault de Schuppan/Jarier, la Porsche 935 de Ballot-Léna/Gregg/ Borras/ Grandet et l’Inaltera-Ford de Rondeau/Ragnotti.

Le match de ces 24 Heures du Mans 77 : Porsche VS Renault

 

Le regard de Jacky Ickx en dit long sur sa soif de victoire ...

 

Au départ, les deux Renault s'envolent en tête, devant la 936 de Ickx, une autre Renault et Stommelen sur la 935 totalement à l'exterieur avant d'attaquer la courbe Dunlop.

 

"Arrivée sur trois roues" pour la Porsche 936 n°4 victorieuse

 

Eric ROLLING