Les lundis de l'Histoire … de vitesse !
Dans le cadre d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire, je vais avoir le plaisir de vous présenter chaque semaine les « Histoires du Mans »… Histoires plus ou moins connus, plus ou moins méritantes mais qui font la légende des 24 heures du Mans. Je débute cette semaine par ce qui est une part de la légende des 24 heures, les records de vitesse.
Ils ont fait des Hunaudières l’un des lieux les plus mythiques et dangereux de la course automobile et la vitesse de pointe a longtemps été un des points les plus importants sur le circuit du Mans… on a vu beaucoup de carrosseries «spéciales» dédiés à cet exercice.
Le «mur» des 300 km/h a été atteint pour la première fois dès 1963 par les Ferrari. En 1971, la célèbre Porsche 917 en version longue LH atteint la vitesse folle de 362 km/h en course ! Le record absolu date de 1988, avec la WM P88 Roger Dorchy qui a atteint en course un incroyable 405 km/h! Cette voiture motorisée par un moteur V6 Peugeot 3.0 bi-turbo était en faite spécialement conçue pour battre ce record. |
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Il est intéressant de noter, que malgré son incroyable vitesse de pointe, la voiture n’a jamais été très rapide sur un tour. En 1987, la WM P87 avait atteint la vitesse de 416 km/h sur un tronçon de l'autoroute A26 reliant St Quentin à Laon, avant son ouverture officielle. Malheureusement, l’objectif des 400 km/h en course n’a pas pu être atteint. En 1998, WM reviens donc avec en plus d’une P87, une nouvelle P88. En fait, il s’agit d’une version modifiée de la P87. Le V6 Peugeot refroidit par air est revu avec un cylindrée porté à 3.0lt gavé par 2 turbos. La puissance annoncée est de 910 chevaux en course, ce qui en fait la voiture la plus puissante jamais engagée au Mans. La boite de vitesse Hewland est modifiée, la coque renforcée et l’aérodynamique légèrement retouchée. La carrosserie est toujours fabriquée par Heuliez et la voiture testée en soufflerie à St Cyr. Le poids est en baisse de 65kg à 850kg. Un modèle de ce type est engage aux 24 heures du Mans 1988 par l’écurie Secateva pour un équipage composé de Claude Haldi, Roger Dorchy et Jean-Daniel Raulet. 36e temps aux essais, la voiture est toujours difficile à conduire dans les parties sinueuses. En course, la voiture abandonna à la 11e heure sur surchauffe moteur, elle ne figura jamais dans les 35 premiers. Malgré cela, Roger Dorchy eu le temps d’inscrire ce fantastique record sur les tablettes!
En 1990, à la demande expresse de la F.I.S.A, deux chicanes sont construites dans les Hunaudières afin de réduire la vitesse de pointe des voitures. Depuis, le record de vitesse en course est l’œuvre de la Jaguar XJR12 dès 1990 avec 353 km/h. Il faut dire que désormais, la vitesse de passage en courbe est pratiquement aussi importante que la vitesse de pointe dans les lignes droites, ce qui incite les concurrents à garder un certain appui sur les voitures et ce qui ne favorise pas la vitesse de pointe. L’an passé, le record en course a été l’œuvre de la Création CA06H avec 334 km/h de pointe. Cette année, le nouveau dessin du virage du tertre rouge et le duel des surpuissantes diesels Peugeot-Audi permettra t-il de battre le record de la Jaguar ? Réponse en Juin prochain…

Eric ROLLING// Photos Jean François RIOM |