Sébastien, dessinateur projeteur

Samedi soir, alors que l’équipe s’affère autour de la Pescarolo n°17, nous rencontrons Sébastien Lamour, le dessinateur projeteur de l’équipe.

 

En quoi consiste ton rôle chez Pescarolo Sport ?
Je suis dessinateur projeteur, c'est-à-dire que je suis en charge de la conception de l’auto.

 

En 2003 Sébastien apprenait son métier sur la Pescarolo/Courage C60 Peugeot
 

Quand et comment es-tu entré dans l’équipe ?

Après un bac S, j’ai intégré l’ESTACA (Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile). C’est l’une des deux écoles d’ingénieurs française qui forme aux métiers du sport automobile. J’ai fait mon stage de fin d’études chez Pescarolo Sport, c’était en janvier 2003. Après l’obtention de mon diplôme, j’y suis resté.

 

Il n’y avait pas de dessinateur avant ?
Non, avant mon arrivée, Pescarolo Sport formait de nouveaux stagiaires chaque année.

 

Quand tu es arrivé en 2003, la Pescarolo était une évolution de la Courage C60. Comment la faisais-tu évoluer ?
C’était compliqué, comme nous n’étions pas à l’origine de la voiture, nous n’avions ni la modélisation en 3d, ni les plans. A chaque fois que nous voulions modifier une pièce, il fallait commencer par dessiner son environnement. On prenait les dimensions directement sur la voiture, c’était long et un peu approximatif.

 

Maintenant c’est différent, cette année la voiture est 100% Pescarolo.
Oui maintenant on a la voiture entièrement dessinée sur un logiciel CAO (conception assistée par ordinateur). Quand on modifie une pièce, on peut tout de suite la visualiser dans son environnement.

 

C’est toi qui as tout dessiné ?
Pas tout à fait, nous collaborons avec la société d’engineering Maia qui nous a détaché deux dessinateurs pendant l’intersaison.

 

Pour cette nouvelle auto, vous êtes parti d’une feuille blanche ?
Il fallait refaire une voiture car l’ancienne ne correspondait plus au règlement 2007. On a essayé de garder le meilleur de l’ancienne en améliorant ce qui pouvait l’être. Le projet a commencé en juillet 2006 et dès le mois d’octobre on lançait les premières pièces en fabrication chez nos sous-traitants. C’était compliqué car la conception n'avait que 3 mois d’avance sur la fabrication. Il fallait garder cette avance car si on bloquait la production, la voiture n’était pas prête pour les tests days en mars.

 

Tu as aussi dessiné la carrosserie ?
Non, pour les éléments de carrosserie le procédé est totalement différent. Dans un premier temps, on test différentes configurations aérodynamiques sur l’aérodrome de Brétigny avec des pièces réalisées en fibre de verre. Evidement, les pièces ne sont pas aussi rigoureuse que les définitives. Elles sont fixées avec des rivets et du scotch ! Ça peut paraître hasardeux mais c’est largement suffisant pour se rendre compte de l'efficacité. Quand on est satisfait du résultat, on fait modéliser les pièces avec un scanner laser. On obtient des pièces en 3d qu’il faut retravailler un peu pour gommer les défauts. On les fait ensuite réaliser en fibre de carbone par notre sous-traitant Italien Camattini.

 

Quand la voiture est assemblée pour la première fois, le stress d’avoir commis une erreur doit être intense ?
La voiture est entièrement dessinée sur Catia V5, en théorie avec ce logiciel on ne peut pas se planter. On visualise l’assemblage à l’écran et on s’assure qu’il n’y ait pas d’interférences entre les pièces. Mais c’est vrai qu’il y a forcément une petite appréhension lors du premier montage.

 

Sur les circuits, Sébastien est à l'acquisition des donnés télémétriques
 

Maintenant que la Pescarolo roule, que fais-tu entre chaque course ?
Il y a toujours des modifications à apporter. Par exemple ce week-end on a des nouveaux éléments aérodynamiques sur le capot avant.

 

Et sur les week-ends de course que fais-tu ?
Je m’occupe de l’acquisition des donnés télémétriques de la n°17. Ce n’est pas vraiment mon métier, mais mes aptitudes en informatique me permettent de le faire. Ça me permet d’élargir mes compétences, c’est très enrichissant.

 

Ton diplôme à l’ESTACA pourrait t’ouvrir les portes de la F1, es-tu tenté par cette expérience ?
Non, pas vraiment. Chez Pescarolo j’ai l’opportunité de concevoir l’auto de A à Z. Châssis, suspension, implantation du moteur, des composants électroniques… le travail est très varié. Un dessinateur en formule 1 intègre un grand bureau d’étude et il doit se cantonner à une toute petite partie de la voiture. Passer son temps à optimiser un écrou de roue ne doit pas être très passionnant.

 

Julien HERGAULT // Photos Julien HERGAULT & PY RIOM