Les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring sont assurément les deux plus prestigieuses courses d’endurance après les 24 Heures du Mans. Bizarrement, certaines voitures ont remporté les deux classiques Américaines sans jamais vaincre aux Mans…

Porsche 907

Victorieuse à Sebring et à Daytona en 1967. Engagée au Mans en 67 et 68, la 907LH termine seconde en 1968 derrière la Ford GT40 John Wyer. Victorieuse de plusieurs manches du championnat du monde, la 907 était désavantagée au Mans par son manque de puissance. Cette voiture était la première fabriquée par Porsche pour viser la victoire au général, et une des meilleures voitures d’endurance au Monde en 1967-1968.

BMW 3.0L CSL

Victorieuse en 1975 à Sebring et en 1976 à Daytona à une époque où il y avait très peu de prototypes sur le continent américain. Au Mans, ce fut une toute autre histoire face aux Porsche 936 et Alpine-Renault A442. De 1973 à 1977, des BMW 3.0CSL étaient présentes au Mans, avec comme meilleur résultat une belle 8ème place en 1977 aux mains de Pierre Dieudonné, Spartaco Dini et Jean Xhenceval pour l’écurie Luigi Racing.

Porsche 911 Carrera RS/RSR

Pour la Porsche, l’histoire est la même que pour la BMW. Triomphante deux fois aux 24 Heures de Daytona et deux fois aux 12 Heures de Sebring, la 911 ne pouvait rien faire aux 24 Heures du Mans mis à part viser la victoire de classe : ce qu’elle fit à merveille. De 1973 à 1978, la Carrera RS puis RSR fit une bonne partie de la renommée de la Porsche 911, avec d’innombrables victoires de classes et au Mans, plusieurs arrivées dans les cinq premieres dont une superbe deuxième place en 1974 avec Herbert Muller et Gijs Van Lennep.

Toyota Eagle

Première en 1992 et 1993 à Sebring et en 1993 à Daytona, la redoutable Eagle à moteur Toyota turbo ne participa jamais aux 24 Heures du Mans. En 1993, Toyota préféra emmener les Toyota 93CV issues du championnat japonais pour épauler les Toyota TS10.

Nissan 300 ZX

Cette drôle de voiture issue du règlement IMSA gagna en 1994 les deux classiques américaine. Deux voitures furent engagées au Mans la même année, acceptées par l’ACO pour venir garnir le plateau. Leurs performances aux Etats-Unis avaient fait d’elles des outsiders, mais les 24 Heures du Mans face aux prototypes européens relevaient d’un autre niveau. Malgré sa conception inadaptée au circuit manceau, une voiture de l’écurie Clayton Cunningham termina cinquième.

Ferrari 333 SP

La Ferrari est l’exemple type de la voiture qui a tout gagné aux Etats-Unis mais qui n’a connu que la désillusion au Mans. Victorieuse à Daytona en 1998 et à Sebring en 1995-1997-1998, la Ferrari ne fut jamais vraiment soutenue par l’usine. Les teams très professionnels US qui l’engageaient dans le championnat Nord-Américain ne firent pas le déplacement au Mans ou trop tard. Pourtant, bien préparée, la voiture pouvait être une sérieuse rivale des Joest Porsche et Mclaren F1 GT. Meilleur résultat, une sixième place en 1997, alors que l’équipage Belge de Racing For Belgium aurait pu apporter un podium à la magnifique Ferrari en 1996 sans un abandon à la 16e heure.

Riley&Scott

Même période, même histoire pour la Riley&Scott qui fut la grande rivale de la Ferrari dans le championnat nord-américain. Première à Sebring en 1996, à Daytona en 1996 et 1997, la Riley fut engagée au Mans de 1996 à 1999. Aucune des cinq voitures ne vit l’arrivée. Il est certain que la Riley&Scott (comme la Ferrari 333 SP) aurait pu gagner au Mans de 1995 à 1997 s’il elle avait été soutenue par son usine et engagée par une écurie solide.

Eric ROLLING / Photos Pascal Grandjean, Musée Porsche.