Quelques années que j’attends pour visiter ce fameux Manoir de l’Automobile à Lohéac, mais habitant à 1000km de là, il fallait attendre la bonne occasion. Heureusement mes beaux parents ont eu la bonne idée de déménager à Nantes… Hop, un «petit» saut à Lohéac avec toute la famille…Déjà, il faut trouver Lohéac… petite bourgade au milieu de la superbe campagne bretonne entre Nantes et Rennes.
A ma grande surprise, on trouve le Manoir sans trop de mal. Le circuit de Rally Cross est inoccupé, la ligne de départ est impressionnante, j’imagine les fauves prêts à bondir….Au loin, pourtant j’entends des bruits de voitures, de dérapages provenant du circuit asphalte. Ce jour, le circuit est ouvert à pas mal de monde, les vieilles Golf GTI côtoient les formules France. Bon, j’ai finalement réussi à traîner mes deux petites filles au Manoir, un vrai manoir, et c’est le charme de l’endroit, la campagne, la vieille bâtisse….et l’ambiance intérieure vraiment sympa. Le musée actuel fait 14000m2 pour 400 voitures, le circuit asphalte 2.5km de long et le circuit Rallycross quand à lui est utilisé sur les compétitions internationales
Première salle, ambiance champêtre, vieux tacots, fameux taxi de la Marne, puis des voitures populaires des années 60… «Tu vois, mon grand père avait la même Panhard PL17…avec les clignotants qui sortent des ailes». «Euh pourquoi il l’a échangé pour une Ford Fusion?»...On arrive au bâtiment principal et aux voitures «endurance ».

A côté deux Courage de 1997 : la C36 des Andretti père et fils associés à Olivier Grouillard qui abandonna en course sur bris d'une fixation de triangle avant et la fameuse Vaillante Courage C4 4e au finale en 1997. Mais Michel Vaillant ne gagne pas à chaque coup. En tout cas, les lignes de ces Courage ont vraiment pris un coup de vieux en dix ans par rapport aux LMP1 actuelle. Elles apparaissent vraiment lourdes, et les pontons sont vraiment hauts.
La Courage C36 est une évolution de la C34, elle-même évolution des ex-groupes C Courage. La C41 elle, n’avait rien à voir, c’était la première Courage WSC. L'oeuvre de Paolo Catone était très abouti techniquement, bénéficiant des derniers raffinements en matière de conception par ordinateur et répondant à la règlementation IMSA. Elle pouvait être équipée de différents moteurs. En 1995 elle est apparue avec des moteurs Chevrolet. Elle ne revint qu’en 1997 équipée cette fois du même moteur Porsche que la C36. Moteur Flat 6 type 935 faisant plus de 550cv et équipé de 2 turbos KKK. « Bon, Eric, tu te dépêches ? » Punaise, je n’ai pas encore eu le temps de voir le clou de l’attraction «endurance».
Les fameuses Bugatti EB110S et Aston Martin DB7 LM…quelles merveilles ! Projets justement menés par Michel Hommell, propriétaire des lieux, créateur des Berlinettes échappement et d’un fameux groupe de presse auto….
Petit rappel historique, l’EB110S était la 1e Bugatti à remettre ses roues sur le sol Manceaux depuis 58 ans.
Très bien conduite par Eric Hélary, J-C Boullion et Alain Cudini la voiture était engagée en GT1 à côté des Dauer…17e aux essais en 4.16.94 (un temps de GT2 moyenne actuellement.) la voiture était pointée à une superbe 6e place à la 15 heure avant des problèmes mécaniques et un abandon à quelques encablures de la fin sur sortie de route.

Côté endurance, il y a également quelques glorieuses «bleues» des années 60, Panhard CD, superbes Alpine M63 et A210. Ces voitures étaient l’oeuvre de véritables artisans qui arrivaient à faire des prouesses avec des bases de modestes véhicules de série, en travaillant énormément sur l’aérodynamique, la tenue de route et le poids.
La Panhard CD était équipée du fameux moteur de 702cm3. Le meilleur classement d’une Alpine M63 au Mans était en 1964 20e. L’Alpine A210 motorisée par un 4 cylindres 1292 cm3 de 135cv dépassait le 250 km/h sur la ligne droite des Hunaudières ! Engagées entre 1966 et 69, ces voitures pourtant confrontées à des concurrentes 4 fois plus puissantes finirent plusieurs fois autour de la 10ème place finale !
Viens le temps de l’expo GroupeB ! Fantastique collection ! Et en plus un superbe film. Malheureusement mes amis sont pressés…on continue la visite par un passage par la chapelle des moteurs. Une petite prière, l’expo Ferrari et encore plus formidable, l’incroyable collection Lamborghini. Pratiquement tous les modèles de série du célèbre constructeur au Taureau sont réunis. A côté, le célèbre bateau «Colibri», avec lequel Didier Pironi entre autre a trouvé la mort. Quel monstre, fallait être fou pour monter dedans. Puis montée à l’étage…eh, j’allais oublier la salle spéciale grille de 18 F1 1980-2000 très sympa. On peut y voir des F1 françaises rares tels que 3 AGS, une Prost Gp, une Larrousse, plusieurs Ligier.
Donc montée à l’étage, décidemment, il est grand le manoir ! Arrivé sur un bar style années 30, avec un superbe orgue de barbarie, superbe jusqu’à ce que la musique démarre. Puis une superbe expo avec un quartier style début 1900, avec des maisonnées représentant différents corps de métier d’antan, des Hippomobiles...très sympa ! On passe devant une baie vitrée avec une belle vue sur le parc et le circuit asphalte. On continue par les classiques des années 60, quelques anciennes Moto Gp, des voitures de rallye, de rallycross, les fameuses Berlinettes Hommell… Viens le hall des utilitaires accompagnés de voitures de chefs d’état. J’oubliais l’espace maquettes avec des superbes reproductions de stands. On finit par une petite visite à la crêperie (le moment le plus intéressant pour mes filles), puis à la boutique, Génial ! Viens le moment de repartir et de démarrer la Mondeo TDCI familiale….
Eric ROLLING |

Ah la Jaguar XJR11 de 1990, quelle ligne ! Malheureusement son palmarès en championnat du monde et son V6 turbo sont moins intéressants que ses formes... En 1989, suite à la déroute des XJR9 au championnat du monde face aux très efficaces Sauber C9, Jaguar prend la décision d'introduire plus tôt que prévu son nouveau prototype XJR-11 à moteur V6 turbo 3,5 litres de 750cv qui remplace le fameux V12. Malheureusement, ces dernières ne connaissent pas plus de succès, confrontées à un manque de fiabilité du V6 et des problèmes des pneumatiques Dunlop. En 1990, Tom Walkinshaw lance un vaste programme de restructuration et confie à Ross Brawn, de revoir la XJR11 et Gerhard Schumann de fiabiliser le V6. Les Dunlop ont cédé quand à eux leur place à des Goodyear. Les XJR11 sont en net regain de forme. A Silverstone, c'est l'euphorie, les XJR-11 réalisent le doublé mais cela ne suffit pas à battre à la régulière les Sauber. Ainsi, au Mans, Jaguar préféra envoyer la vieille XJR9 transformée pour l’occasion en XJR12 au charbon…et qui gagna d’ailleurs !


Après l’aventure Bugatti, Michel Hommel tenta de faire revivre un autre mythe en 1995, celui d’Aston Martin. Comme avec la EB 110 S, la préparation de la voiture a été confiée aux sociétés Méca Système et Synergie. La voiture a été allégée de près de 500 kg et le 6 cylindres d’origine a été remplacé par le V8 atmosphérique de 620cv provenant de la AMR-1 groupe C de 1989. La DB7LM n’a jamais participé aux 24h. La voiture était superbe, le bruit incroyable, et toujours conduite par Hélary-Cudini. Malheureusement, elle ne passa pas le cap des préqualifs, avec un temps pourtant honorable de 4:09.07. Engagée en groupe1 avec les protos et GT1 type Mclaren F1GTR, Ferrari F40, elle ne pouvait rien faire. La GT anglaise rejoint la Bugatti dans le musée du Manoir de l'Automobile sans même avoir couru la moindre course.


|