Il y a peu, la toile nous révélait un trésor dont elle a le secret. Une collection dont nul ne soupçonnait l’existence (ou presque) et qui ne peut laisser indifférent celui qui s’intéresse un minimum au sport automobile. Son nom, le Zama Operation Center à Kanagawa au Japon où est stockée, à l’abri de tout public, une collection de Nissan hors du commun. Toute la production luxueuse et sportive du constructeur japonais y passe, des anciennes aux récentes, du rallye à l’endurance en passant par les concept cars tous plus inédits les uns que les autres. Ce hangar, sans aucune fioriture et dans lequel les autos sont garées comme dans un vulgaire parking souterrain rendrait fou plus d’un fan tant la concentration en R90, 350Z, Skyline ou R390 y est grande. Si chacun des modèles présentés mériterait que l’on s’y attarde quelques lignes, endurance-series.com se contentera de ceux qui ont marqué l’histoire de l’endurance.
Si Mazda reste à ce jour le seul constructeur nippon à avoir triomphé aux 24 heures du Mans, Nissan à largement contribué à la renommée de l’épreuve au Japon. Si l’on se souvient surtout des deux grandes offensives mancelles à la fin des années 80’ puis 90’, Nissan n’a pratiquement jamais cessé de s’investir en endurance que ce soit en Europe, au Japon ou aux Etats-Unis.
L’histoire commence au début des années 60’, dans l’indifférence totale des médias européens. Nissan fait alors figure de précurseur en matière de sport automobile japonais. Et si la monoplace n’a jamais été l’apanage de la marque, l’endurance a largement contribué à faire connaître Nissan dans les pays occidentaux.
Tout commence en 1966, année où le constructeur achète la Prince Motor Company qui fabrique alors la R380. Ce modèle que les européens jugent copié sur la Porsche 904, devient la première Nissan de course. Propulsée par un six cylindre en ligne de 180 cv, la R380 est trop lourde (720 kg) pour rivaliser avec ses concurrentes européennes. |
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En 1967, la R380 A2 a beaucoup évolué, les ingénieurs japonais s’inspirant cette fois des Porsche 906 et 910... Souffrant toujours d’un embonpoint conséquent, ses performances ne sont pas convaincantes. |
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Les résultats tardant à venir, les dirigeants de Nissan décident de lancer fin 67, un programme d’une toute autre envergure. Dévoilée en mars 68, la R381 est une barquette dans l’esprit Canam propulsée par un V8 Chevrolet. Cette fois la performance est au rendez-vous et la voiture remporte le grand prix du Japon devant Porsche et Toyota |
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1969, le V8 américain disparaît au profit d’un V12 maison de 600 chevaux qui prend place dans un nouveau modèle, la R382. Si le grand prix du japon reste méconnu en Europe, il s’agit là-bas de l’événement sportif de l’année pour lequel Nissan, Toyota, Daihastu et Isuzu investissent des sommes colossales. Comme en 68, Nissan l’emporte devant tous ses rivaux. |
Pour 70, une nouvelle barquette, la R383, est construite mais les coûts toujours plus importants poussent les dirigeants de la marque à renoncer au sport automobile. |
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Après plus d'une décennie d'absence en compétition, Nissan effectue un retour discret en endurance. Désireuse de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, différentes pistes telles que la March 83G ou la Nissan Skyline Silhouette transformée en groupe C sont explorées. C’est cette dernière qui s’en sort le mieux même si elle ne peut lutter face aux Porsche 956. Qu’importe, la révolution est en marche ! |
C’est à l'antenne nord américaine de Nissan que l’on doit le retour de la marque avec un « vrai » proto. La GTP ZX turbo est une légende automobile outre Atlantique au même titre que la Porsche 962. Après des débuts difficiles en championnat Imsa 1985, la voiture va progresser années après années pour finalement faire figure d’épouvantail en 1988, 89 et 90. |
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Présentée en 1985, la Nissan R85V est l'assemblage d'un châssis March 85G et du V6 3,0 litre double turbo issu de la Nissan GTP ZX Imsa. Avec énormément de réussite, elle gagne sous le déluge à Fuji dès sa première participation en championnat du monde. Par la suite, jamais le petit prototype ne renouvellera un tel exploit. L’année suivante, elle est au départ des 24 heures du Mans qu’elle termine en 13ème position. |
Apparu en 1986, le châssis March 86G ne fera jamais trembler ses concurrents Porsche et Jaguar qu’il affronte en championnat japonais de sport prototype. Il n’obtiendra pas plus de succès aux 24 heures du Mans qu’il dispute jusqu’en 1989. |
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La R88C ne connaîtra guère plus de succès que ça devancière. Aux 24 heures du Mans 1988, Hoshino/Wada/Suzuki, abandonnent après s’être qualifiés en 15ème position. |
| La R88C continue de courir au japons en 1989. (Un podium aux 1000Km de Fuji) |
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En 1989, le programme « Le Mans » s’accélère sérieusement et la volonté de s’approcher des meilleurs est perceptible. C’est désormais Lola qui fournit le châssis mu par un nouveau V8 3,5 litre turbo qui cette fois n’est plus issu de la série mais spécialement conçu pour les courses d’endurance. Au Mans, la voiture souffre encore de nombreux problèmes de jeunesse et aucune des trois autos ne termine l’épreuve. Mais en fin de saison la R89C s’invite sur le podium de la manche de Donington. |
1990 est l’année de la première grande offensive de Nissan au Mans. C’est une armada de sept voitures dont quatre nouvelles R90CK qui se présente dans la Sathe ! Redoutablement efficace la R90CK signe la pole position et la n°83 de Brabham / Robinson / Daly mène la danse jusqu’au petit matin.
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C’est finalement une R90CP issue du championnat japonais qui, classée 5ème, sauve l’honneur du constructeur nippon. La désillusion de 1990 marquera la fin du programme « Le Mans » et il faudra attendre sept ans pour qu’un tel programme se renouvelle. |
En 1991, la R90CK décroche une très belle seconde place aux 24 heures de Daytona où le constructeur engage trois voitures. |
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| Si en 1991, la firme met un terme à son engagement mondial, les R91CK et CP continuent de sévir dans les championnats japonais (JSPC) et américain (IMSA). Engagée en championnat japonais 1991 et 1992, cette 91CK n'est en fait qu'une évolution de la R90CK. |
Petite consécration en 1992, la R91CP remporte les 24 heures de Daytona. Cette victoire reste à ce jour le succès le plus prestigieux obtenu par Nissan en endurance. |
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Trop jeune pour la retraite, la R90CK continue de limer les pistes américaines jusqu'en 1992. |
Idem au Japon où cette "Kokuyo, Take One, Nissan R90CK" se classe seconde à Fuji. |
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Simple évolution de la R89C, la R92CP domine, comme sa devancières, le championnat japonais 1992. Elle continuera de courir au japon jusqu’en 1994. |
Conçue pour lutter face aux Peugeot 905 et autres Toyota TS010, la NP35 est équipée d’un V12 3,5 litres. La voiture est développée parallèlement aux USA et au Japon
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Mais la disparation du championnat Sport 3.5L mettra un terme prématuré à la carrière de ce prototype qui n’aura connu qu’une seule fois l’excitation de la compétition. (Dernière épreuve du championnat japonais 1992) |
1995 marque le retour officiel, mais discret, de Nissan au Mans. Deux Skyline GTR sont engagées en GT1. Lourdes et pataudes, ces GT venues du championnat japonais ne peuvent rien face aux McLaren F1 GTR. L’une d’entre elle termine malgré tout en 10ème position. |
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1996, dans une catégorie en effervescence, l’évolution de la Skyline GT-R ne suffit pas pour s’accrocher au wagon McLaren F1 GTR / Porsche 911 GT1. Aucune des deux autos ne voit l’arrivée des 24 heures du Mans. |
Changement de régime en 1997. Nissan se donne les moyens de remporter les 24 heures du Mans en engageant trois R390 GT1 préparées par TWR. Si la première tentative se solde par deux abandons et une 12ème place, la seconde est beaucoup plus convaincante. |
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Car en 1998 les quatre voitures engagées atteignent l’arrivée aux 3ème, 5ème, 6ème et 10ème positions. Si la GT1 est désormais d’une fiabilité remarquable, elle est malheureusement déjà dépassée en performance par ses adversaires Mercedes CLK, Porsche 911 GT1 ou Toyota GTone. |
L’année suivante, Nissan entreprend d’abandonner sa GT1 au profit d’un prototype LMP à moteur atmosphérique. Retour aux sources puisqu’il s’agit du premier prototype à carrosserie ouverte de la marque depuis la R381 de la fin des années 60. A cours de développement la R391 ne brillera ni en performance ni en endurance au Mans. A la fin de l’année Nissan mettra un terme à tout engagement de niveau international. |
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Depuis, l'antenne compétition de Nissan consacre ses efforts en championnat japonais GT500 où Skyline et 350Z se sont succédées avec plus ou moins de succès. |
Mais ces succès n’ont de retentissements qu’au pays du soleil levant alors gageons que les années à venir verront Nissan renouer avec son glorieux passé au plus haut niveau de l'endurance ! |
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