La voiture « Le Mans » Grand Tourisme 1 est une auto à définition sportive à deux portes, ouverte ou fermée, utilisable sur la route en toute légalité et disponible à la vente grâce au service commercial d’un constructeur reconnu par l’ACO. Les « LM » GT1 sont éligibles si un minimum de production est respecté : il faut qu’au moins une voiture soit produite par mois. Les voitures sont autorisées à courir dès qu’un minimum de vingt cinq voitures de route est produit (douze pour les petits constructeurs).

Les Grand Tourisme ont fait leur retour aux 24 Heures du Mans lors de l’édition 1993 lorsque le nombre de prototypes n’était plus suffisant pour garantir une grille de départ assez fournie. Elles n’ont depuis plus quittées la Sarthe. La majorité de ces autos étaient des Porsche 993 Carrera RSR et des Venturi 500 LM. La catégorie se divisa dès l’année suivante en deux afin de distinguer les grosses des petites GT. L’histoire retiendra qu’une « LM » GT1 s’est imposée au classement général (Dauer Porsche) mais il ne s’agissait en fait que d’une ancienne Groupe C transformée et homologuée pour un usage routier. Une GT1 s’impose encore l’année suivante (McLaren) mais respecte cette fois parfaitement l’esprit du règlement. L’esprit du règlement, un terme maintes fois utilisé en Endurance tant les constructeurs vont s’ingénier à imaginer des autos respectant dans les textes les règlements mais pas vraiment l’idée du Grand Tourisme. C’est ainsi que Porsche et McLaren, bientôt rejoints par Nissan, Mercedes et Toyota vont se lancer dans une véritable guerre de Formule 1 carrossées. Les supercars sont reines aux 24 Heures du Mans mais se font pourtant battre par un prototype en 1996 et 1997. Conscient de l’hypocrisie de l’appellation « LM » GT1, l’ACO les reclasse en prototype en 1999 et décide que les Grand Tourisme ne pourront plus jouer la victoire au classement général.

Dans le même temps, les « LM » GT2 se sont développées grâce aux nombreuses Porsche 911 GT2 et Chrysler Viper GTS-R. La voiture américaine devient la référence absolue de la catégorie à partir de 1997. Après la mort des « LM » GT1 à la fin de l’année 1998 les « LM » GT2 sont rebaptisées « LM » GTS. Ce sont elles désormais qui deviennent les autos de pointe de la catégorie GT. Ce qui ne les autorise pas pour autant à pouvoir se battre avec les prototypes pour le classement général. La domination américaine se poursuit avec le règne des Corvette C5-R à partir de 2001. La diversité et l’homogénéité des « LM » GTS sont bien équilibrés puisque les Saleen S7-R, Ferrari 550 GTS Maranello, Chrysler Viper GTS-R sont autant de candidates à la victoire dans les nombreux championnats où sont acceptées ces voitures. Pourtant, dès 2002, la catégorie va se résumer en un duel entre deux constructeurs, deux équipes, deux voitures : le Corvette Racing/Pratt & Miller représentant officiel de General Motors et le préparateur anglais Prodrive qui a mis au moins une version très compétitive de la Ferrari 550 Maranello. Le spectacle, magnifique, a lieu trois ans durant. La course à l’armement se poursuit en 2005 : Corvette présente sa nouvelle C6.R et Prodrive s’engage dorénavant avec l’Aston Martin DBR 9. Les autres concurrents ne voient plus le jour. Corvette s’impose le plus souvent (2001-02-04-05-06) mais Prodrive tire également son épingle du jeu (2003-07). Les voitures sont devenues tellement performantes qu’elles figurent régulièrement au pied du podium des 24 Heures du Mans et devancent bon nombre de prototype dont la fiabilité n’est pas aussi éprouvée que ces « LM » GTS, re-badgées « LM » GT1 à partir de 2005.

 

Les « LM » GT1 continuent de nous offrir un spectacle formidable, comme en témoigne les dernières 24 Heures du Mans avec une véritable lutte à trois entre Aston Martin, Corvette et Saleen, mais connaissent pourtant quelques difficultés à constituer des plateaux conséquents dans les séries labellisées ACO. Depuis leur interdiction dans la majorité des championnats nationaux pour des raisons d’escalade des coûts, ces voitures commencent à peiner pour se vendre. Elles sont acceptées aujourd’hui en Le Mans Series, American Le Mans Series, Japan Le Mans Challenge, FIA GT Championship et FFSA GT. Il n’y a que dans ces deux derniers championnats que leur nombre est réellement satisfaisant en 2007. La domination du binôme Corvette/Prodrive a peut-être découragé les autres concurrents de s’engager avec un soutien d’une usine. Seul l’avenir nous dira quel sort sera réservé à la catégorie « LM » GT1. Il est en tout important de rappeler combien ces voitures sont magnifiques et combien le spectacle offert toutes ces dernières années a été fabuleux. Probablement parce que le règlement technique a su faire cohabiter des autos à la conception technologique différente : un V8 américain dans un châssis tubulaire est encore capable de résister à un V12 européen dans une coque en aluminium.

 

Toutes les « LM » GT1*, leurs années d’apparition et leurs constructeurs :

  • Porsche 911 GT2 (1995)
  • Chrysler Viper GTS-R (1997) Oreca
  • Chevrolet Corvette C5-R (1999) Pratt & Miller pour Corvette Racing
  • Saleen S7-R (2000) Saleen
  • Ferrari 550 GTS Maranello (2001) Prodrive
  • Pagani Zonda GR (2003) Carsport
  • Porsche 997 GT2-R (2008) PMB Motorsport
  • Ferrari 575 GTC Maranello (2003) N-Technology pour Ferrari
  • Lamborghini Murcielago R-GT (2003) Reiter Engineering
  • Porsche 996 Bi Turbo (2004) A:Level Engineering
  • Chevrolet Corvette C6.R (2005) Pratt & Miller pour Corvette Racing
  • Aston Martin DBR 9 (2005) Prodrive pour Aston Martin Racing

* : Certaines de ces voitures ont couru sous le nom de « LM » GT2 ou « LM » GTS qui sont les différents noms utilisées par le passé pour l’actuelle catégorie « LM » GT1. Notons que ne figure pas dans cette liste la Maserati MC12 GT1, apparue en 2004 et construite par Maserati Corse Competizione car elle n’a jamais été homologuée par l’ACO. Ce fut également le cas de la Lister Storm GT. Ces voitures ne peuvent courir que dans les championnats nationaux ou le FIA GT.

 

Fiches, textes et photographies : Pierre-Yves RIOM / Julien HERGAULT / François NASSIET

 

Chevrolet Corvette C6-R
Chevrolet Corvette C5-R
Aston-Martin DBR9
Lamborghini Murcielago R-GT
Ferrari F550 Maranello GTS
Saleen S7-R