Le rapport au danger, la gestion du mental, l'adrénaline... Soheil nous raconte comment lui voit et vit les choses...
Soheil, après l’accident de ton coéquipier Stéphane Ortelli à Monza, comment vis-tu cette situation ? Quel rapport a un pilote professionnel avec le risque ? « J’ai toujours fait de la course pour la compétition, pour la passion du sport automobile, mais aussi pour le goût du risque. Quand j’ai eu des sorties de piste, j’ai toujours été plus ennuyé pour l’équipe que pour moi-même. Toutefois, je n’ai jamais vécu un accident comme celui de Stéphane à Monza ce week-end. Evidemment, j’ai été terrorisé, pétrifié, lorsque j’ai vu les images. Avec Steph, nous partageons beaucoup depuis trois saisons maintenant, et nous sommes devenus très proches. C’est donc une situation difficile à vivre, et j’en garde une très mauvaise expérience. A ce moment là, j’aurais presque préféré être à sa place que d’être à côté… ».
De quelle manière se gère l’après sortie de piste pour un pilote ? « Chacun vit cette période selon son caractère. Après un choc comme celui-ci, il y a deux approches : soit on n’aime pas le risque et dans ce cas il faut vite oublier l’accident pour ne pas avoir la peur au ventre ; soit on aime le risque et on s’en sert car cela fait partie de l’adrénaline. En revanche, je pense que pour tout le monde le meilleur moyen de rebondir est de se remettre en selle, de replonger dans cet univers, qui pour Stéphane est le sien depuis quinze ou vint ans. C’est simplement la façon de le faire qui change selon les caractères. »
L’équipe joue-t-elle également un rôle important dans la "remise en selle" ? « Le fait d’avoir une pleine confiance envers les membres du team ne peut qu’aider. Je sais que tout le monde se donne à plus de 100%. Je leur fais d’autant plus confiance que nous nous connaissons tous depuis plusieurs années. Je crois que l’inverse peut également être valable : le pilote, de par la motivation qu’il manifeste, de par son engouement à remonter dans le baquet peut permettre à l’équipe de repartir de l’avant. Le principal aujourd’hui est que Stéphane va bien, et pour l’avoir tous les jours au téléphone, on se dit tous les deux "vivement la prochaine course !" ». |

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