Le Mans Series 2008, le bilan des LM"GT2"

 

# 96 – VIRGO MOTORSPORT

 

FERRARI F430 GT
Rob Bell – Gianmaria Bruni – (Jaime Melo)

 

Championnat : 1er – 40 pts

 

1000 km de Catalunya : 1er
1000 km de Monza : abandon
1000 km de Spa Francorchamps : 1er
1000 km du Nürburgring : 1er
1000 km de Silverstone : 1er

L’analyse d’endurance-series : Déjà titré la saison dernière à l’issue d’une belle lutte avec la Porsche du Team Felbermayr Proton, le Virgo Motorsport a réussi à conserver son bien cette année face à une concurrence similaire. Les points communs sont même assez nombreux entre 2007 et 2008 pour l’équipe britannique. Rob Bell, cette fois accompagné de Gianmaria Bruni, et la Ferrari F430 GT n°96 se sont montrés les plus rapides sur l’ensemble de la saison, mais la régularité de la Porsche n°77 a permis à celle-ci de pouvoir prétendre au titre jusqu’aux 1000 km de Silverstone. Néanmoins, la logique a été respectée, et c’est finalement le plus fort qui l’a emporté. Car autant le Team Felbermayr Proton avait réussi à triompher deux fois l’an passé devant Virgo, autant cette année les hommes de Chris Warne n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Ils ont en effet remporté toutes les courses en catégorie LM GT2 à l’exception des 1000 km de Monza où une crevaison provoqua leur abandon. Dans l’ensemble, Bell / Bruni ont toujours été un ton au dessus de la concurrence, ce qui leur a notamment permis de remporter une superbe victoire au Nürburgring après s’être élancé en dernière position suite à l’incendie de leur voiture durant les essais. Le facteur pneumatique est probablement l’une des clés du succès du Virgo Motorsport. Alors qu’il est coutume que les pneus Michelin apportent un net avantage à toutes leurs équipes quelle que soit la catégorie, le fait que le manufacturier français ne fournisse que des gommes « clients » à l’ensemble des adversaires du Virgo Motorsport a profité à l’équipe britannique qui disposait elle de Dunlop de développement taillée parfaitement à sa Ferrari. Le soutien de Dunlop n’était d’ailleurs nullement dissimulé puisque la voiture affichait une livrée toute jaune à ses couleurs. La F430 GT parait également plus facile à piloter, ce qui a permis à Rob Bell et Gianmaria Bruni d’attaquer sur chaque circuit, tout au long de la course. Désormais double champion Le Mans Series, et ne totalisant qu’un seul abandon dans ce championnat en trois saisons de compétition, le Virgo Motorsport peut être considéré comme le grand spécialiste de l’Endurance en Europe en catégorie LM GT2.

 

# 77 – TEAM FELBERMAYR PROTON

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Alex Davison – Marc Lieb

 

Championnat : 2ème – 35 pts

 

1000 km de Catalunya : 2ème
1000 km de Monza : 6ème
1000 km de Spa Francorchamps : 2ème
1000 km du Nürburgring : 2ème
1000 km de Silverstone : 2ème

L’analyse d’endurance-series : Ainsi donc, le Team Felbermayr Proton doit s’incliner pour la seconde année consécutive face au Virgo Motorsport. Mais si l’année dernière Lieb / Pompidou avaient réussi à remporter deux succès, Davison / Lieb ont dû se contenter de quatre secondes places. C’est ainsi grâce à leur précieuse régularité qu’ils ont pu inquiéter jusqu’au bout la Ferrari n°96. Car en performance pure, la 997 GT3 RSR s’est faite dominée par la F430 GT. C’est à Spa Francorchamps que la voiture allemande s’est montrée la plus proche de sa rivale italienne, lorsqu’une neutralisation en fin d’épreuve lui a permis de revenir dans ses échappements. Très agressive, elle n’a cependant pas réussi à trouver la faille, et a dû se contenter de la seconde place. En revanche, le Team Felbermayr Proton s’est montré très nettement supérieur aux autres équipes du clan Porsche. Aussi bien en terme de performance que de fiabilité. C’est en effet avec deux fois plus de points que Davison / Lieb ont terminé le championnat par rapport à la Porsche d’IMSA Performance et trois fois plus que la voiture du Farnbacher Racing, deux équipes pourtant très réputées. Le bilan du Team Felbermayr Proton est donc plutôt bon, d’autant que la Porsche s’est montrée plusieurs fois assez difficile à mettre au point et que ses pilotes n’ont jamais abdiqué. Une invitation aux prochaines 24 Heures du Mans vient récompenser cette bonne saison et permettra à l’équipe allemande de prendre sa revanche dans une course où elle est quelque peu passée à côté en 2008.

 

# 90 – FARNBACHER RACING

 

FERRARI F430 GT
Pierre Ehret – Pierre Kaffer – (Anthony Beltoise)

 

Championnat : 3ème – 19 pts

 

1000 km de Catalunya : 4ème
1000 km de Monza : 2ème
1000 km de Spa Francorchamps : abandon
1000 km du Nürburgring : 10ème
1000 km de Silverstone : 3ème

L’analyse d’endurance-series : Troisième du championnat, le Farnbacher Racing obtient son meilleur résultat en Le Mans Series depuis ses débuts dans la discipline, en 2004. Si l’équipe allemande a longtemps été l’un des plus fidèles clients Porsche, elle créait l’événement cet hiver en engageant une Ferrari F430 GT en plus de sa Porsche 997 GT3 RSR. Une même équipe allait donc pour la première fois engager un même temps, et l’une contre l’autre, les deux grandes actrices de la catégorie LM GT2. Dans l’ensemble, la saison a été plutôt difficile pour le Farnbacher Racing, dont les deux voitures n’ont pas été épargnées par les ennuis, alors qu’elles se battaient régulièrement aux avant-postes. Mais des deux, la Ferrari est certainement celle qui s’en est le mieux sorti, aussi bien en terme de performance qu’en terme de résultats. Les deux autos présentaient des équipages similaires, composés de deux pilotes professionnels et d’un gentlemen driver aguerri, ce qui facilite la comparaison. Ainsi, Pierre Ehret et Pierre Kaffer, accompagnés par Anthony Beltoise, ont terminé cinquièmes des 1000 km de Catalunya en ouverture de la saison alors qu’ils découvraient l’auto. Les deux Allemands ont ensuite pris la tête du championnat grâce à leur seconde place aux 1000 km de Monza. On s’attendant alors à ce qu’ils se battent pour le titre, avant que deux résultats vierges à Spa Francorchamps (cardan cassé) et au Nürburgring (sortie de route), ne les obligent à faire du sur place. Un nouveau podium aux 1000 km de Silverstone leur a permis de finalement conquérir la troisième place du championnat. Dans l’ensemble très rapide, la Ferrari F430 GT n°90 a régulièrement occupé le haut des feuilles de chronos. Néanmoins, elle n’a pas été capable de suivre sa rivale du Virgo Motorsport sur la distance d’une course. Le passage des pneus Michelin aux Dunlop en cours de saison n’y a rien changé. Il faut dire que seul le Virgo Motorsport disposait des pneus de développement. Peut-être les bons résultats obtenus cette année par le Farnbacher Racing permettront-ils à la Ferrari de se battre pour le titre l’année prochaine ?

 

# 99 – JMB RACING

 

FERRARI F430 GT
Ben Aucott – Stéphane Daoudi – (Alain Ferté)

 

Championnat : 4ème – 18 pts

 

1000 km de Catalunya : 6ème
1000 km de Monza : 3ème
1000 km de Spa Francorchamps : 5ème
1000 km du Nürburgring : 4ème
1000 km de Silverstone : 9ème

L’analyse d’endurance-series : Nombreux sont ceux qui, lors des 24 Heures du Mans 2006, avaient reproché à l’équipe A.F. Corse d’avoir cédé son invitation au JMB Racing afin qu’il fasse courir son équipage Aucott / Macari / Newey. Raison est aujourd’hui donnée à l’équipe monégasque, et à son pilote Ben Aucott, puisque celui est régulièrement engagé dans tous les championnats d’Endurance, FIA GT, Le Mans Series et ALMS, et qu’il y obtient d’excellents résultats en compagnie d’un pilote professionnel, que ce soit Stéphane Daoudi ou Alain Ferté. Très réguliers, mais également opportunistes quand il a fallu, comme par exemple lors des 1000 km de Monza où ils sont montés sur le podium, Ben Aucott et Stéphane Daoudi ont réalisé une excellente saison. Ils sont peu à peu montés en puissance, au point de se battre pour la troisième place du championnat ! Mais un accrochage ayant causé la casse du radiateur lors des 1000 km de Silverstone les a finalement privé d’une cinquième arrivée consécutive dans les points. Après une saison 2007 bien maigrichonne en Le Mans Series, le JMB Racing s’est bien rattrapé cette année. Le passage  des pneus Michelin vers les Dunlop à partir des 1000 km de Spa Francorchamps a semble-t-il été bénéfique, bien que, comme pour le Farnbacher Racing, il ne s’agissait que de pneus « clients ». Peut-être l’équipementier britannique reverra-t-il sa position l’année prochaine, permettant ainsi pourquoi pas au JMB Racing de renouer avec la victoire. Sa dernière en Le Mans Endurance Series datant tout de même de 2004…

 

# 76 – IMSA PERFORMANCE MATMUT

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Richard Lietz – Raymond Narac

 

Championnat : 5ème – 15 pts

 

1000 km de Catalunya : 3ème
1000 km de Monza : disqualifié
1000 km de Spa Francorchamps : 6ème
1000 km du Nürburgring : 3ème
1000 km de Silverstone : abandon

L’analyse d’endurance-series : Vainqueur de la catégorie LM GT2 aux 24 Heures du Mans 2007, mais peu vernie dans le même temps en Le Mans Series, l’équipe IMSA Performance souhaitait très certainement en début de saison obtenir de bons résultats sur les courses de 1000 km afin d’y décrocher enfin sa première victoire et briller sur la durée dans un championnat international. Malheureusement, l’équipe rouennaise a une nouvelle fois été fort malchanceuse. La cinquième place finale au championnat, même s’il s’agit d’un résultat honorable, ne reflète pas vraiment le potentiel de cette équipe. A la vue de ses performances durant chacune des courses cette année, la troisième place lui aurait très certainement mieux sied. La Porsche 997 GT3 RSR n°76, bien emmenée par le tout aussi brillant que discret pilote autrichien Richard Lietz, a régulièrement été la seule à pouvoir inquiéter en course la Ferrari Virgo et la Porsche Felbermayr Proton. Mais voilà, à plusieurs reprises de précieux points se sont envolés. Après une bonne entame de championnat lors des 1000 km de Catalunya, Lietz / Narac ont connu leur première déconvenue à l’issue des 1000 km de Monza, où leur superbe victoire a été annulée par une sévère disqualification. Victimes d’un problème hydraulique à Spa Francorchamps, les deux hommes sont remontés sur le podium au Nürburgring, avant d’être victimes du fameux accrochage avec la Peugeot 908 de Nicolas Minassian lors des 1000 km de Silverstone. Une saison donc à oublier pour IMSA Performance, qui, on l’espère, reviendra tenter sa chance l’année prochaine. La chance finira bien tourner !

 

# 85 – SNORAS SPYKER SQUADRON, B.V.

 

SPYKER C8 LAVIOLETTE GT2 R
Peter Dumbreck – Ralf Kelleners – Alexei Vassiliev – (Tom Coronel)

 

Championnat : 6ème – 13 pts

 

1000 km de Catalunya : 5ème
1000 km de Monza : abandon
1000 km de Spa Francorchamps : 9ème
1000 km du Nürburgring : 5ème
1000 km de Silverstone : 4ème

L’analyse d’endurance-series : Malgré une saison difficile, où aucune Spyker n’est parvenue à monter au moins une fois sur le podium – une première pour le constructeur néerlandais depuis son arrivée dans le championnat en 2005 – l’équipe officielle Spyker Squadron a obtenu son meilleur classement au championnat, avec une sixième place finale. Basée sur l’ancienne C8 Spyder, une nouvelle voiture, la C8 Laviolette GT2 R faisait son apparition en début de saison. Malheureusement, du fait d’un manque de budget lié à l’activité Formule 1 durant l’année 2007, la voiture manquait de roulage et de développement avant d’entamer la saison. Mais après avoir vu la marque sombré en Formule 1, on ne pouvait que se féliciter de voir au moins une voiture engagée à l’année en Le Mans Series, bien que deux étaient initialement prévues. Le début de saison a été plutôt difficile, car après une bonne cinquième place obtenue à Barcelone, Dumbreck / Kelleners / Vassiliev ont dû abandonner à Monza (abandon dans le dernier tour) et terminer hors des points à Spa Francorchamps (accrochage avec une Peugeot 908). Régulièrement placé au milieu de peloton des LM GT2, derrière les meilleures 997 GT3 et F430 GT, mais devant les équipes privées ou faisant courir des gentlemen drivers, le Spyker Squadron a ensuite inscrit des points précieux au Nürburgring et à Silverstone. Si Spyker n’est toujours pas parvenu à rattraper son retard sur Porsche et Ferrari, l’écart n’est pas encore trop important, et nous ne pouvons que souhaiter que le constructeur néerlandais poursuive et augmente son implication en Endurance afin de trouver enfin une juste récompense à son effort.

 

# 94 – SPEEDY RACING TEAM

 

SPYKER C8 LAVIOLETTE GT2 R
Andrea Chiesa – Benjamin Leuenberger – (Iradj Alexander David)

 

Championnat : 7ème – 11 pts

 

1000 km de Catalunya : abandon
1000 km de Monza : 4ème
1000 km de Spa Francorchamps : 4ème
1000 km du Nürburgring : abandon
1000 km de Silverstone : 8ème

L’analyse d’endurance-series : Poursuivant dans la lignée de 2007, le Speedy Racing Team a réalisé une bonne saison 2008, bien que l’équipe suisse ait perdu deux places au championnat. Les difficultés ont commencé avant même la première course puisque l’une des voitures de l’écurie – le modèle de l’année passée – a été détruite lors d’un incendie survenu pendant les essais officiels d’avant saison au Paul Ricard. Heureusement, sans dommage pour le pilote. L’entame de championnat n’a guère été plus brillante puisque Chiesa / Leuenberger ont été les premiers à renoncer après seulement 17 tours lors des 1000 km de Catalunya. Mais la suite a été plus bénéfique pour le Speedy Racing Team qui est parvenu à terminer deux fois à la quatrième place de la catégorie LM GT2 à Monza puis à Spa Francorchamps, marquant ainsi de précieux points. Assez en retrait en terme de performance, la Spyker C8 Laviolette GT2 R n°94 s’est dans les deux cas montrée très régulière, évitant parfaitement tous les incidents de course et ne connaissant aucun problème mécanique. Cela n’a malheureusement pas été le cas au Nürburgring, où une avarie moteur à moins d’un demi heure de la fin a privé l’équipe suisse de deux nouveaux points supplémentaires. Mais Chiesa / Leuenberger sont parvenus à accrocher celui de la huitième place lors des 1000 km de Silverstone. Globalement, le Speedy Racing Team ne nous a peut-être pas fait une aussi belle impression que l’année dernière, d’autant que le plateau semblait plus relevé en 2007, mais a toute fois rendu une copie correcte. Et ce d’autant plus que les clients Spyker n’ont pas nécessairement autant de moyens que ceux de Porsche ou Ferrari.

 

# 98 – JMB RACING

 

FERRARI F430 GT
Maurice Basso – Peter Kutemann – (Bo McCormick) – (Mauro Casadei) – (Stéphane Daoudi) – (Johan Boris Scheier) – (Julien Gilbert)

 

Championnat : 8ème – 11 pts

 

1000 km de Catalunya : 10ème
1000 km de Monza : 5ème
1000 km de Spa Francorchamps : 7ème
1000 km du Nürburgring : 7ème
1000 km de Silverstone : 6ème

L’analyse d’endurance-series : Alors que nous avions beaucoup critiqué cette voiture l’année dernière – elle n’avait marqué un point en cinq courses, avant la finale des Mil Milhas Brasil – il s’agit d’une des bonnes surprises cette saison. Sa première course moyenne à Barcelone (dixième) nous avait fait à nouveau penser qu’il serait difficile pour Basso / Casadei / McCormick de marquer souvent des points cette année, avant que quelques remaniements de l’équipage ne permettent à la Ferrari F430 GT n°98 de terminer quatre fois consécutivement parmi les huit premiers. Mieux, la seconde auto du JMB Racing est même parvenu à terminer une fois cinquième (Monza) et une fois sixième (Silverstone). Il faut dire qu’avec de temps à autre la présence de pilote comme Stéphane Daoudi (Spa Francorchamps), Johan Boris Scheier (Nürburgring) et Julien Gilbert (Silverstone), il était peut-être plus facile d’obtenir de bons résultats. Notons cependant que les gentlemen drivers Maurice Basso et Peter Kutemann, grâce à une régularité payante, ont nettement progressé. Au point d’inscrire onze points cette année. Et d’ailleurs n’ont-ils pas réussi à terminer « seuls » à la cinquième place en Italie ? Avouons néanmoins qu’une belle hécatombe en tête de la catégorie les a bien aidés. Mais encore fallait-il être là pour en profiter ! Dans le match des pilotes amateurs, ils ont donc grandement dominé la Porsche du James Watt Automotive.

 

# 91 – FARNBACHER RACING

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Lars Erik Nielsen – Allan Simonsen – Richard Westbrook – (Dirk Werner)

 

Championnat : 9ème – 10 pts

 

1000 km de Catalunya : abandon
1000 km de Monza : 1er
1000 km de Spa Francorchamps : abandon
1000 km du Nürburgring : abandon
1000 km de Silverstone : abandon

L’analyse d’endurance-series : La saison de la seconde auto de l’équipe Farnbacher Racing est assez étonnante : en cinq courses, la Porsche 997 GT3 RSR n°91 a été contrainte quatre fois à l’abandon, mais a tout de même remporté la catégorie LM GT2 aux 1000 km de Monza suite au déclassement de la Porsche d’IMSA Performance. Avec un problème de moyeu à Spa Francorchamps et un autre d’embrayage au Nürburgring, la fiabilité de la voiture a été mise à rude épreuve, ce qui est plutôt inhabituel pour une Porsche, surtout préparée chez Farnbacher. Très agressifs, parfois trop comme à Barcelone, les pilotes n’ont peut-être pas beaucoup ménagés la voiture. Très régulièrement sur le devant de la scène en qualification et en début de course grâce à Richard Westbrook et Allan Simonsen, l’équipe allemande n’a pas profité au mieux de son superbe équipage qui aurait dû, en principe, pouvoir jouer le titre ou au moins faire jeu égal avec la Porsche du Team Felbermayr Proton. Très régulier mais plutôt conservateur la saison dernière, le Farnbacher Racing a au moins eu le mérite de tenter d’accomplir des courses pleines de panache. Mais dans le duel interne qui opposait la Porsche 997 à la Ferrari F430, Nielsen / Simonsen / Westbrook sont largement battu au niveau comptable. Comme on imagine mal le Farnbacher Racing quitter définitivement le giron Porsche, on espère revoir cette voiture l’année prochaine, avec pourquoi pas, un peu plus de réussite…

 

# 88 – TEAM FELBERMAYR PROTON

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Horst Felbermayr Jr – Horst Felbermayr Sr – Christian Ried

 

Championnat : 10ème – 10 pts

 

1000 km de Catalunya : 9ème
1000 km de Monza : abandon
1000 km de Spa Francorchamps : 3ème
1000 km du Nürburgring : 9ème
1000 km de Silverstone : 5ème

L’analyse d’endurance-series : Grâce à la cinquième place obtenue à l’issue des 1000 km de Silverstone, la dernière course de la saison, le bilan de la seconde auto du Team Felbermayr Proton n’est pas trop mauvais : avec une dix points et la dixième place finale du championnat, la Porsche 997 GT3 RSR n°88 se classe au milieu des autos de seconde zone en catégorie LM GT2. Certes derrière la seconde Ferrari de l’équipe JMB Racing, mais tout de même devant les Porsche des équipes IMSA Performance et James Watt Automotive. Car si la première auto de l’équipe allemande est dévolue à Marc Lieb et Alex Davison, la seconde est quant à elle réservée à Horst Felbermayr père et fils, principaux financeurs de l’équipe, et à Christian Ried, le fils de Gerold, fondateur de l’équipe Proton Compétition. La Porsche n°88 est donc plus à ranger parmi les autos de gentlemen drivers que de pilotes professionnels. Pourtant, Felbermayr Jr et Christian Ried ont démontré de réelles aptitudes il y a quelques années en FIA GT, ou bien même encore la saison passée en Le Mans Series. C’est ce qui nous faisait espérer que cette voiture puisse se classer régulièrement dans les points, en profitant au maximum de sa régularité pour profiter du moindre problème en tête de la catégorie. Avec seulement deux tops huit, le bilan pourrait paraître un peu décevant s’il n’y avait pas eu ce superbe podium obtenu à l’issue des 1000 km de Spa Francorchamps.

 

# 75 – IMSA PERFORMANCE MATMUT

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Richard Balandras – Michel Lecourt – (Jean Philippe Belloc)

 

Championnat : 11ème – 5 pts

 

1000 km de Catalunya : 7ème
1000 km de Monza : abandon
1000 km de Spa Francorchamps : abandon
1000 km du Nürburgring : 6ème
1000 km de Silverstone : abandon

L’analyse d’endurance-series : Sixième du championnat de France de Grand Tourisme l’année dernière, et vainqueur du Trophée GT2, Richard Balandras et Michel Lecourt ont fait leurs débuts en Le Mans Series. Malgré une bonne voiture, la Porsche 997 GT3 RSR, et une bonne structure, IMSA Performance, leur saison a été dans l’ensemble difficile. En compagnie de Jean Philippe Belloc (malheureusement absent à Spa et Silverstone), ils ont pourtant bien commencé la saison par une septième place à Barcelone. De quoi voir avec optimisme la suite de la saison, l’objectif étant de terminer parmi les six premiers du championnat. Malheureusement, deux avaries techniques, à Monza (rupture de suspension) et Spa Francorchamps (embrayage), les ont privés de points précieux.  Une bonne sixième place leur a permis de renouer avec les points au Nürburgring avant qu’un problème de boite de vitesse ne les stoppe à nouveau à Silverstone. Au final, la saison de la Porsche n°75 est un peu décevante. IMSA Performance se développant de plus en plus, les performances devraient être meilleures l’année prochaine.

 

# 95 – JAMES WATT AUTOMOTIVE

 

PORSCHE 997 GT3 RSR
Paul Daniels – Markus Palttala – Tim Sugden – (Mikael Forsten) – (Peter Bamford) – (Matt Griffin)

 

Championnat : 12ème – 5 pts

 

1000 km de Catalunya : 8ème
1000 km de Monza : 7ème
1000 km de Spa Francorchamps : 8ème
1000 km du Nürburgring : 8ème
1000 km de Silverstone : abandon

L’analyse d’endurance-series : En terminant ses quatre premières courses dans les points, le James Watt Automotive a réalisé sa meilleure saison en Le Mans Series. L’équipe britannique nous a d’ailleurs bien surpris puisqu’elle n’avait jusqu’à présent terminer dans les huit premiers de la catégorie LM GT2 qu’à deux reprises en trois saisons. Malheureusement, cela n’a pas été suffisant pour que la Porsche 997 GT3 RSR n°95 ne parvienne à éviter la dernière place du classement final. Pourtant, Paul Daniels – gentleman driver et homme de base de l’équipage – était plutôt bien entouré cette année. C’est d’ailleurs probablement grâce à Tim Sugden et Markus Palttala que l’équipe a pu entrer tant de fois dans les points. Si Joel Camathias était le seul pilote professionnel l’année dans la voiture, ils étaient donc deux cette année. On aurait presque même pu imaginer que l’équipage obtienne de meilleurs résultats, tant Sugden et Palttala sont des pilotes rapides et fiables. Cela viendra peut-être l’année prochaine pour le James Watt Automotive qui est donc l’ensemble parvenu à s’améliorer cette année.

 

# 93 – JAMES WATT AUTOMOTIVE

 

ASTON MARTIN VANTAGE GT2
Michael Outzen – Alan Van Der Merwe – (Stéphane Lemeret) – (Tim Sugden)

 

Championnat : 13ème – 2 pts

 

1000 km de Catalunya : non partant
1000 km de Monza : -
1000 km de Spa Francorchamps : -
1000 km du Nürburgring : -
1000 km de Silverstone : 7ème

L’analyse d’endurance-series : Autant le dire tout de suite, la saison de l’Aston Martin Vantage GT2 a été pour nous une vraie déception. Nous n’imaginions pas en effet, après la première course de la saison à Barcelone terminée dès le warm up après que le moteur ait cassé, qu’il faudrait attendre la manche de Silverstone, dernière course de l’année, pour revoir la dernière création de Prodrive et Aston Martin. Comment juger de l’évolution du potentiel d’une voiture en développement si elle ne court pas ? Quel développement justement fut pratiqué cette année ? Et par qui ? JWA ou Aston Martin ? Autant de questions pour lesquelles il est difficile de répondre, car à Silverstone, un constat était évident : même si elle a pu voir l’arrivée, la voiture était encore loin du compte. En terme de performance principalement. Bien pilotée par Tim Sugden et Alan Van Der Merwe notamment, la Vantage GT2 est encore très loin des Porsche et autres Ferrari. Peut-être 2009 sera-t-elle la véritable première année de cette Aston Martin en Le Mans Series… c’est en tout cas le voeu du James Watt Automotive qui souhaite devenir à terme une structure de référence en GT2, et nouer ainsi une collaboration étroite avec l’usine. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter à l’équipe britannique, qui n’a, il faut bien le dire, pas démontrer grand-chose jusqu’à présent. Mais comme la nouvelle Aston Martin a très peu roulé en FIA GT et qu’elle n’a pas obtenu des résultats fameux en ALMS, tout reste à faire. Prodrive et Aston Martin ont certainement dû mobiliser beaucoup de moyens pour les programmes LM GT1 et LM P1, ce qui peut en partie expliquer le retard pris en LM GT2.

 

François NASSIET et Pierre-Yves RIOM / Photos Teams