JACQUES NICOLET
L'INTERVIEW

 

D’où vient votre passion du sport automobile ? « De l’enfance ! Mon père était un grand amateur d’automobiles. Comme il était hôtelier près de Carpentras, dans le Vaucluse, nous avions non seulement l’occasion d’assister à la course de côte du Mont-Ventoux ou à la Coupe des Alpes, mais aussi de côtoyer des pilotes comme Rolf Stommelen ou Pierre Maublanc. Le véritable choc, je l’ai eu à douze ans, aux 24h du Mans. J’ai été fasciné par la course de nuit et son ambiance extraordinaire… Autre souvenir marquant, mon premier Grand Prix de F1 à Monaco en 1972 avec la victoire de la BRM de Jean-Pierre Beltoise. »

 

Vous êtes à la tête du Groupe Altarea, qui créé et gère des centres commerciaux. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à investir dans le sport automobile ? « Le succès d’Altarea repose, entre autre, sur une volonté permanente de développement et d’innovation. Mon implication en sport automobile découle de la même logique. Quelle que soit sa passion, et mon métier en est une, je crois qu’il faut se donner les moyens de la vivre à fond. Lorsque j’ai disputé mes premières courses historiques, je faisais appel à un préparateur. Avec le temps, l’opportunité de créer une petite écurie s’est présentée : ce fût la naissance d’Heritage Racing Cars, basée sur le Pôle Mécanique d’Alès. Puis nous avons commencé à louer des VHC et monté un programme en Endurance moderne, au point de faire rouler jusqu’à cinq voitures par meeting VdeV ! Quand Michel Tapie – le président-fondateur de l’association qui gère l’IEMS, l’Institut Européen de formation aux Mécaniques Sportives – a souhaité se retirer, il m’a proposé de le remplacer pour assurer la pérennité de l’école. En début d’année, un nouveau pas a été franchi avec le rachat de Saulnier Racing. Le Mans est un véritable mythe auquel j’ai toujours souhaité prendre part. L’acquisition de cette équipe s’est inscrite dans cette logique et dans la continuité de mon implication. C’est en septembre 2006 que j’ai rencontré Henri Pescarolo. Altarea cherchait à promouvoir et intégrer son nouveau concept commercial Family Village, situé sur les Hunaudières, dans son environnement local. Un partenariat avec Pescarolo Sport s’est alors imposé comme une évidence. »

 

 

Puis l’idée d’une association dépassant le cadre d’un partenariat classique a germé… « Etant très souvent voisins de stands en Le Mans Series, nous avons appris à nous connaître et à nous apprécier. Notre rapprochement est avant tout une histoire humaine, la rencontre entre deux passionnés. Nous écrivons aujourd’hui la première page d’un nouveau volume. En regroupant nos forces et en bâtissant un véritable projet industriel, nous allons pérenniser les structures existantes et leur donner les moyens de se développer. Il ne s’agit pas d’un rachat ou d’une quelconque opération financière, mais bien d’un regroupement de nos atouts. »

 

Quelle image d’Henri Pescarolo aviezvous avant votre rencontre ? « J’ai toujours été plein d’admiration pour le pilote. Personnalité sans concession, c’est quelqu’un qui occupe une place à part dans le sport automobile. Ses qualités exceptionnelles de pilote se doublent de celles d’un chef d’entreprise audacieux. Il a créé une écurie performante qu’il maintient au plus haut niveau. Cela n’arrive pas par hasard. Il sait insuffler à ses hommes sa vision et son amour du sport. Seule la victoire compte, mais pas à n’importe quel prix. »

 

Pourquoi Pescarolo Sport plutôt qu’une autre équipe ? « Lorsqu’on a envie de bâtir quelque chose en Endurance, s’allier à Henri Pescarolo est un ‘must’. Les ingénieurs et techniciens qui composent l’équipe sont à son image, totalement focalisés sur la victoire. C’est un peu le village d’Astérix ! C’est la seule équipe indépendante à avoir conçu et construit sa voiture de A à Z. Ce savoir-faire unique va nous permettre de mettre en piste au cours des prochains mois une LMP2 et d’envisager une LMP1 fermée en tirant parti de l’expérience accumulée. Sur le plan de l’exploitation, on ne peut que souligner la constance des performances et la fiabilité des voitures. »

Comment allez-vous organiser les différentes structures ? « Je pense que nous disposons avec Pescarolo Sport et Saulnier Racing de deux équipes d’exploitation exceptionnelles. Nous avons beaucoup parlé de Pescarolo, mais il faut également souligner le travail des hommes de Saulnier Racing. Avec Alain Filhol, nous sommes passés d’une Chevron B16 à une Courage LMP2. Pour notre première saison à ce niveau, l’équipe a su nous entourer et avec le soutien de Bruce Jouanny nous avons terminé toutes les courses des Le Mans Series, ce qui nous permet à ce jour d’occuper la troisième place du championnat LMP2. La création de Pescarolo Automobiles rendra notre activité de constructeur indépendante de l’exploitation course. Enfin, nous allons intégrer tout ce que nous avons dans notre périmètre, avec la création d’un pôle de formation de l’IEMS au Mans. Heritage Racing Cars poursuivra son développement à Alès : en plus du programme VdeV, nous allons nous impliquer en Classic Endurance Racing dans le cadre des Le Mans Series. »

 

 

 


Pierre-Yves RIOM / Dossier de Presse PESCAROLO SPORT / Photos PY RIOM