Retour sur 15 ans de compétition (le 9 février 2008)

Avant qu’il nous livre sa première chronique, l’équipe d’endurance-series a rencontré Alexandre Premat pour revenir avec lui sur les moments clés de sa jeune mais déjà riche carrière. Du karting à la formule 1, souvenirs de moments passés derrière un volant ou partagés avec d’autres grands noms tels Nico Rosberg ou Lewis Hamilton.

 

Son père à l'origine de sa passion
2001 - 2002 : Formule Renault
2003 - 2004 : Formule 3 Euroseries
2005 - 2006 : GP2
2006 : A1GP
2006 : Tests en F1
2007 : DTM
2007 : DTM

HERGAULT Julien / Photos Audi

1982-2004, Du karting au master F3 de Macao :

Né le 5 avril 1982, Alex est passionné de sport automobile depuis son plus jeune âge, « Mon père est un grand amoureux de courses automobiles, il travaillait pour une compagnie pétrolière en formule 1 et il a contribué à lancer la carrière d'Emmanuel Collard. Il a aussi participé au Paris Dakar en 1984 et terminé à la 27ème position ». A l'âge de dix ans, le petit Alexandre fait ses débuts en karting, discipline dans laquelle il remporte la coupe du monde 125cc en 1999. Formule Campus, Formule Renault, Formule 3... Son ascension est fulgurante. En 2003, dès sa première année de F3 Euroseries, il remporte une manche, celle du Norisring. Auteur de six victoires l'année suivante, il termine vice champion et surtout il gagne les Masters de Zandvoort et de Macao. « Ma victoire à Macao reste à ce jour le meilleur souvenir de ma carrière, c'est une course de renommée mondiale  ».

 

2005-2006, Aux portes de la F1 :

En 2005, il intègre l'équipe Art GP pour disputer le championnat GP2 où il remporte deux victoires. « Ma première année de GP2 reste un excellent souvenir. J'avais Nico Rosberg comme coéquipier et nous nous entendions à merveille. Aujourd'hui encore, il reste l'un de mes meilleurs potes. L'année suivante, j'étais avec Lewis Hamilton qui est beaucoup moins chaleureux. C'est quand même un pilote exceptionnel, doté d'une maturité impressionnante. Parfois on pourrait croire qu'il a de la chance, mais il sait la provoquer, rien n'arrive par hasard. Maintenant difficile de dire si Lewis est LA perle rare, je pense qu'un Kovalainen dans une McLaren obtiendrait des résultats équivalents. »
Durant l'inter-saison 2005-2006, l'équipe de France emmenée par Alexandre et Nicolas Lapierre remporte haut la main la première édition du championnat A1GP. « Ce fut une saison exceptionnelle, Nick et moi avons gagné 13 des 22 manches disputées. L'équipe avait superbement préparé la saison. Compte tenu de sa taille, DAMS est vraiment une excellente structure. »

 

2006, Passage éphémère en F1 :

Suite logique en 2006, les portes de la F1 semblent grandes ouvertes et c'est l'équipe Midland Spyker qui propose un test à Alexandre. « La première fois j'ai roulé à Silverstone, c'est un moment inoubliable. Une F1 ne ressemble à rien de ce que j'ai pu conduire, tout est surréaliste : l'accélération, la tenue de route, le freinage... Quelques temps plus tard, j'ai eu l'occasion de piloter la Midland F1 le vendredi et le samedi du grand prix de Chine ».
Malheureusement, et même si ces tests sont concluants, rien ne se concrétise en 2007. « J'ai bien été contacté par plusieurs teams, mais rien de très sérieux. Le marketing et l'argent en général sont bien trop présents en F1. Certains pilotes ne sont là que parce que leur nationalité ouvre des marchés aux constructeurs. D'ailleurs, Renault n'assume pas vraiment sont rôle de constructeur français. Frank Montagny aurait largement mérité de courir en GP pour Renault et je suis sûr qu'il aurait fait mieux que Jacques Villeneuve. Je ne suis pas frustré de ne pas avoir percé en F1, je l'aurais été si je n'avais jamais eu l'occasion d'essayer. »

 

2007, La découverte du DTM :

En 2007, c'est donc en DTM chez Audi qu'Alex trouve refuge. « Je suis épanoui chez Audi, je préfère me battre aux avants poste en DTM que collectionner les tours de retards avec une F1 de fond de grille. Le DTM est un championnat exceptionnel, il y a beaucoup de spectateurs sur chaque manche mais l'ambiance reste bien plus décontractée qu'en F1. Ici les fans peuvent facilement s'approcher des pilotes, moi j'aime bien ce contact avec le public. En plus les voitures sont géniales, parfaitement équilibrées avec du carbone partout... Il ne manque qu'un constructeur supplémentaire pour que ce soit parfait et d'après certaines rumeurs, deux constructeurs au moins envisagent d'intégrer le championnat l'an prochain ». Pour sa première saison en berline, Alex se classe 11ème au championnat et termine second à Zandvoort. Mais sa saison est aussi marquée par un spectaculaire accident à Hockeneim où il percute Tom Kristensen de plein fouet. Les conséquences ne seront heureusement pas dramatiques pour les deux pilotes Audi mais Alexandre est forfait à Oschersleben. « Je suis totalement remis de mon accident. Parfois je ressens une toute petite douleur aux lombaires, mais rien de pénalisant. Mentalement, je n'ai eu aucun problème à retourner au charbon du fait que je ne sois aucunement responsable de l'accident. Si j'étais sorti suite à une grosse erreur, ça serait peut être différent ».

 

2007, A l'assaut du Mans :

Désireux de mettre toutes les chances de leur côté pour affronter Peugeot aux 24 heures du Mans, les dirigeants d'Audi décident de confier une troisième R10 aux jeunes espoirs de la marque : Rockenfeller, Luhr et Prémat. Mais l'aventure se termine prématurément quand Mike Rockenfeller pulvérise la voiture au Tertre Rouge. « Je n'en ai jamais voulu à Rocky, l'erreur qu'il a faite, Lucas ou moi aurions pu la commettre. C'est vrai que notre ingénieur lui demandait de baisser le rythme depuis plusieurs tours, mais bon... Les conditions étaient vraiment hyper piégeuses. En plus on avait très peu roulé avec la voiture, on la connaissait beaucoup moins bien que les autres équipages. C'est dommage car en vitesse pure, on avait vraiment les moyens de «taper» les anciens ». (sourire)

 

Son ultime rêve :

Épanoui en endurance et en DTM, il subsiste une discipline à laquelle Alexandre aimerait goûter un jour : « Je rêve de faire le Paris Dakar avec mon père, en espérant que l'épreuve existe encore d'ici là. Franchir les dunes dans un bon 4x4 comme le Touareg doit être une expérience très différente de ce que je connais ».

 

Carrière

  • 2000: Championnat de Formule Campus (2e, 2 victoires)

  • 2001: Championnat de France de Formule Renault (9e)

  • 2002: Championnat de France de Formule Renault (Champion, 3 victoires)

  • 2003: Formule 3 Euroseries (7e, 1 victoire)

  • 2004: Formule 3 Euroseries (2e, 6 victoires)

  • 2005: GP 2 Series (4e, 2 victoires)

  • 2006: Membre de l'équipe de France Circuit FFSA

  • 2006: GP 2 Series (3e, 1 victoire)

  • 2006: A1 Grand Prix (Champion avec l'équipe de France)

  • 2006: 3e pilote du vendredi pour l'équipe Spyker MF1 lors du GP de Chine de Formule 1

  • 2007: DTM avec Audi