Une saison avec Alexandre Prémat ; 3ème Chronique (le 9 avril 2008)

Bonjour à tous les lecteurs d’endurance-series !

Les Le Mans Series ne comptants que cinq manches, il était important pour nous de bien commencer la saison. C’est chose faite et les huit points acquis ce week-end seront peut-être déterminants au moment de faire les comptes. Pour Mike (Rockenfeller) et moi la course fût limpide, nous n'avons connu aucun souci mécanique. J’ai beaucoup roulé durant la course en assurant les deux premiers et les deux derniers relais ainsi que le « splash and dash » à quelques tours de l’arrivée. Cela représente plus de quatre heures au volant. Preuve de ma bonne préparation hivernale, je n’ai absolument pas souffert physiquement malgré les températures estivales.

j'ai cru que le splitter voir même le capot avant se détachaient !

Course limpide, mais à cinq tours de l’arrivée, j’ai quand même eu ma dose d’adrénaline lorsque mon Audi a été endommagée par un incident rarissime : J’étais dans la boite vitesse de la Lola Charouz, et au moment de la déboiter, un bout de gomme a percuté le saute vent qui s’est littéralement envolé. Sur le coup je n’ai rien compris, j'ai cru que le splitter voir même le capot avant se détachaient !
Jusqu'à l’arrivée, j’ai dû faire face à de fortes perturbations, mon casque ballotait dans tous les sens. Finalement je suis resté derrière la Lola jusqu'au drapeau à damier.

les relevés télémétriques ont révélé une décélération de 35 G !

La seconde place acquise dimanche me satisfait pleinement pour plusieurs raisons.

 

Tout d’abord, parce que les essais menés au lendemain des 12 heures de Sebring ne se sont pas très bien passés pour moi. Lors de ma troisième session, je suis sorti très violament de la piste dans le Turn one : En sortie de virage j’ai mis une roue dans l’herbe et suis aller percuter le rail de gauche à 170 km/h. L’impact fût extrêmement violant, les relevés télémétriques ont révélé une décélération de 35 G !
A Barcelone, il m’a fallu du temps pour reprendre confiance ce qui explique la différence de rythme entre Allan (McNish) et moi en qualifications puis en début de course. La voiture était très délicate à tenir et je perdais quatre dixièmes de seconde dans chacune des deux courbes rapides du circuit. Il aura fallu attendre la deuxième heure de course pour que je sois enfin dans le rythme des pilotes de la voiture sœur. Me voila rassuré, je suis de nouveau à 100% de mes capacités.

 

La deuxième raison de nous satisfaire du résultat, c’est que Mike (Rockenfeller) et moi découvrions ce week-end les Le Mans Series. Le trafic est d’une densité incroyable et nous devions nous habituer à piloter en compagnie de cinquante voitures aux performances très hétérogènes. Il ne faut pas oublier que dimanche, je prenais pour la première fois le volant de l’Audi R10 en compétition puisque, l’an dernier au Mans, je n’avais pas eu le temps de piloter la voiture en course.

 

Enfin, et vous l’aurez constaté, nous avons constamment été en retrait face aux Peugeot. En course, j’ai pu me rendre compte qu’ils nous dominaient essentiellement dans les secteurs lents. Nous faisions jeux égal dans les lignes droites et au freinage mais en milieu et sortie de virage leur voiture sous-virait moins que la notre.

 

Nous avons passé le week-end à tenter de trouver une solution à nos problèmes sans jamais vraiment y parvenir. L’auto était imprévisible, déroutante même. Un exemple : A la fin de la première heure de course, je suis rentré aux stands pour ravitailler et enchainer un double relais. L’équipe a monté les mêmes pneus et pourtant en repartant j’avais l’impression d’être dans une autre voiture tant ses réactions étaient différentes. En débriefing d’après course nous avons tout mis à plat pour trouver les raisons de nos soucis et définir la direction dans laquelle nous devons travailler. L’une des raisons évoquées est relative aux pneumatiques : A Sebring nous utilisions un type de pneu que Michelin ne mettait pas à notre disposition ce week-end.

Allan a prouvé que nous étions capables de rivaliser avec les Peugeot

Il ne faut tout de même pas dramatiser, en course Allan (McNish) a prouvé que nous étions capables de rivaliser avec les Peugeot. Il ne faut pas oublier que l’Audi R10 a quatre années d’existence alors que la Peugeot n’en a que deux. De la même manière la Lola B08 est encore plus moderne dans sa conception et cela se voit. Cette voiture est vraiment impressionnante, elle se comporte avec autant d’agilité qu’une LM P2. Mais à la différence d'une LM P2, elle rivalise aussi avec nous à l’accélération et en vitesse de pointe. Sachant que la voiture ne roule que depuis deux mois, imaginez sa marge de progression !
Je pense même qu’elle est plus performante que ne l’était la 908 l’an dernier à la même époque.

 

Ce week-end, mon papa et ma copine étaient venus me soutenir en Catalogne. Ma compagne vient de temps en temps sur les circuits, surtout quand ils se trouvent à proximité d’une ville dynamique. En l’occurrence, Barcelone est un circuit idéal pour elle. Promenade en ville le samedi, course le dimanche ; Tel était son programme.
De retour en France, j’ai tout juste le temps de laver mon casque et ma combinaison avant de reprendre la route vers hockenheim où je disputerai ce week-end la première manche du championnat DTM. Les essais d’intersaison se sont bien passés pour moi et mon objectif sera de décrocher un podium dimanche. Difficile de savoir où en sont mes adversaires car lors des essais, chacun tente de brouiller les pistes en jouant avec le poids de l’auto. Le week-end suivant je serais Oschersleben pour le second meeting de DTM, puis à Monza pour les LMS… Tout un programme que j’aurai le plaisir de vous raconter dans trois semaines.

 

Alexandre PREMAT / Le mardi 8 avril 2008