Avec seulement six meetings dans l’année, les pilotes que nous suivons limitent rarement leur programme aux Le Mans Series / 24 Heures du Mans. Gran-Am (João Barbosa), ALMS (Simon Pagenaud, David Brabham), FIA GT (Thomas Biagi, Emmanuel Collard, Darren Turner…), WTCC (Tiago Monteiro), GT FFSA (Olivier Panis)… la plupart d’entre eux se spécialisent dans les courses de « berlines » et rares sont ceux qui poursuivent une carrière parallèle en monoplace. Nicolas Prost et Narain Karthikeyan le font en A1 GP et Tristan Gommendy participe pour la seconde année consécutive à la SuperLeague Formula avec le FC Porto. Nous l’avons rencontré ce week-end dans un univers très différent de celui dans lequel nous le voyons évoluer habituellement.

En spectateur peu-éclairé de la SuperLeague Formula, ma première question se porte sur les spécificités de cette discipline. En quoi se différencie-t-elle du GP2 ou de l’A1-GP ?
Nos voitures sont comparables aux GP2, elles sont plus puissantes (750 cv en SF, contre 600 en GP2 - NDLR) mais aussi beaucoup plus lourdes (700 kg contre environ 600 - NDLR). Nos temps au tour sont légèrement plus lents mais ça va quand même très vite. Le meeting comprend trois manches : la première de ¾ d’heure dont l’ordre de départ dépend des qualifs. La seconde de ¾ d’heure où l’on s’élance selon l’ordre d’arrivée de la première mais en grille complètement inversée. Enfin, la troisième ne dure que ¼ d’heure et départage seulement les 3 premiers de chaque manche.
Que penses-tu de cette grille inversée, contraire aux valeurs sportives défendues par l’ACO ?
Je n’ai rien contre, les règles sont les mêmes pour tout le monde. La seconde manche n’en est que plus spectaculaire car le peloton reste plus groupé.
Endurance, sprint : où va ta préférence ?
J’aime ces deux disciplines très différentes l’une de l’autre. Il y a un point commun entre les deux (sourire). Ici nous ne sommes que 18 pilotes mais, comme en Le Mans Series, le plateau est très hétérogène. J’ai été victime de cette disparité de niveau lors des deux manches puisque je me suis fait accrocher deux fois alors que je me battais pour les premières places.
Quelles sont les ambitions du FC Porto en SuperLeague Formula ?
Le club suit nos résultats de très près. Les manches portugaise et espagnole de la série rencontrent un grand succès populaire. Les clubs latins jouent le jeu et mettent en place des convois de bus pour remplir les tribunes. L’an dernier à Estoril c’était de la folie !
Nous sommes là pour jouer le titre mais ça risque d’être difficile compte tenu de notre résultat aujourd’hui (11ème NDLR). Le championnat ne compte que six manches et je suis confronté à un gros problème pour l’une d’entre elle…
(Tristan fait allusion au clash entre la manche de Donington et les 1000 kilomètres de l’Algarve.)
L’absence du Welter Racing aux 24 Heures du Mans a dû être une grande déception pour l’équipe ?
Oui surtout que, figurant en première position sur la liste des suppléants, le team avait préparé l’auto comme s’il devait y participer. Nous étions prêts à venir au Mans jusqu’au mardi soir précédant la course. Quand on observe la prestation de la Lamborghini en GT1, on ne peut que regretter de ne pas avoir été retenu par les organisateurs. Cela dit, l’équipe ne s’apitoie pas sur son sors. Depuis Spa, nous avons fait une séance d’essais à Lurcy Levis avec notre équipementier « suspension ». Au bas mot, nous avons gagné une demi-seconde au tour ce qui pourrait nous permettre de passer devant les Pescarolo du OAK Racing. Nous repartons en essais cette semaine pour progresser encore !
Pour nos lecteurs belges, la prochaine manche de SuperLeague Formula se déroulera le 19 juillet à Zolder. Ne ratez pas cet événement, le spectacle sera au rendez-vous.

Photos Julien HERGAULT
O commentaire pour "Tristan Gommendy : entre proto et mono"
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